Krzysztof Kieslowski
Du mardi 3 au mardi 31 mars
Invitée d’honneur de la rétrospective : Irène Jacob
Auteur d’une vaste filmographie sociale et humaniste, Krzysztof Kieslowski s’est imposé comme une figure majeure du cinéma mondial de la fin du XXe siècle. Diplômé de l’École du cinéma de Lodz en 1969, explorant les médias, les récits et les formes, du documentaire à la série, en passant par le triptyque, le cinéaste n’a eu de cesse de questionner l’homme et son rapport au monde.
Après plusieurs documentaires engagés, c’est son deuxième long métrage de fiction pour le grand écran, L’Amateur (1979), sur la passion dévorante d’un homme pour l’image captée à travers l’objectif de sa caméra d’amateur, qui le révèle d’abord au cinéma. Il poursuit son travail en Pologne et réalise notamment Le Hasard en 1981, interdit pendant plusieurs années par le régime.
Après avoir collaboré avec l’avocat Krzysztof Piesiewicz sur Sans fin (1985), Kieslowski cède à l’impulsion de son coscénariste et adapte Le Décalogue (1987-1990). En dix épisodes de série télévisée, il sonde un peu plus l’âme humaine et les dilemmes moraux dans le décor d’un immeuble à Varsovie ; l’épisode 5, Tu ne tueras point est retravaillé pour le cinéma et présenté au Festival de Cannes 1988 où il remporte le Prix du Jury.
Repéré par des producteurs, il tourne plusieurs films en France, avec quelques-uns des talents les plus prometteurs ou confirmés de l’époque : Juliette Binoche, Irène Jacob, Jean-Louis Trintignant, ou encore Julie Delpy. La Double vie de Véronique (pour lequel Irène Jacob remporte le Prix d’interprétation féminine à Cannes) et sa trilogie Trois couleurs démontrent encore le succès de son cinéma ; les nominations et les prix pleuvent. Alors au sommet de sa carrière, Krzysztof Kieslowski décide d’y mettre un terme en 1993, il disparaîtra trois ans plus tard, à l’âge de 54 ans. Trente ans après, retour sur les piliers d’une œuvre protéiforme et universelle.
Remerciements à Mk2 films, au Polish Film Institute, à Di Factory, au Consulat général de Pologne à Lyon
Les films de la rétrospective
(Dekalog, 10 parties d’environ 1h chacune, 1989-1990, coul.)
Inspirés des dix commandements de l’Ancien Testament, dix épisodes montrant les habitants d’un immeuble de Varsovie confrontés à des choix moraux majeurs. Comment réagir face au mensonge, à l’adultère, au meurtre ?
Décalogue 1 et 2 - Mardi 3 mars à 18h30 présenté par Fabrice Calzettoni (1h56)
Décalogue 1 et 2 - Samedi 7 mars à 15h15 (1h56)
Décalogue 3 et 4 - Mardi 10 mars à 16h15 (1h57)
Décalogue 3 et 4 - Samedi 14 :mars à 14h30 (1h57)
Décalogue 5 et Décalogue 6 - Mardi 17 mars à 20h15 (2h01)
Décalogue 5 et Décalogue 6 -Mercredi 18 mars à 16h (2h01)
Décalogue 7 et Décalogue 8 - Mardi 24 mars à 18h30 (Villa Lumière) (1h56)
Décalogue 7 et Décalogue 8 -Samedi 28 mars à 16h15 (1h56)
Décalogue 9 et Décalogue 10 - Jeudi 26 mars à 16h30 (2h01)
Décalogue 9 et Décalogue 10 -Mardi 31 mars à 16h15 (2h01)
(Podwojne zycie Weroniki, 1991, 1h38, coul.)
Deux jeunes femmes, l’une en France, l’autre en Pologne, se ressemblent étrangement. Elles n’ont pourtant rien en commun, ni père, ni mère, ni grands-parents, et leurs familles ne se sont jamais connues… L’histoire sensible du destin lié de deux êtres. Prix d’interprétation féminine à Cannes pour Irène Jacob dans ce rôle double.
(1993, 1h31, coul.)
Après la mort dans un accident de voiture de son mari Patrice, un grand compositeur, et de leur fille Anna, Julie commence une nouvelle vie, anonyme et indépendante… Premier volet de la trilogie Trois couleurs récompensé par un Lion d’or à la Mostra de Venise. Avec Juliette Binoche, d’une expressivité inoubliable.
(1994, 1h40, coul.)
Dominique (Julie Delpy), Française, obtient le divorce de Karol (Zbigniew Zamachowski), Polonais. Malheureux, Karol parvient difficilement à retourner en Pologne où il se lance dans diverses entreprises et tente de regagner le cœur de son ex femme… Deuxième volet sur le thème de l’égalité plaçant ironiquement les deux protagonistes dans une relation asymétrique.
(1994, 1h36, coul.)
Une jeune femme, Valentine, étudiante de l’université de Genève, modèle, écrase un chien. Le chien est juste blessé. Sur une plaque, attachée à son collier, Valentine trouve l’adresse du propriétaire. C’est un juge… Dernier volet de la trilogie, entre thriller et drame social, porté par le superbe duo Jean-Louis Trintignant-Irène Jacob.