Collection CINEMATEK © Chantal Akerman Foundation/DR

Chantal Akerman

Du mercredi 22 avril au samedi 30 mai

« Pour faire du cinéma, il faut se lever. Bon… Je me lève. Le cinéma ça se fait debout, soyons debout ! » dit Chantal Akerman dans sa Lettre d’une cinéaste (1985).
Hors norme, radicale et avant-gardiste, la filmographie de Chantal Akerman sort du cadre. Avec quelques quarante films (fictions et documentaires), une vingtaine de livres et une quinzaine d’installations visuelles, elle est l’auteure d’une œuvre protéiforme, véritable étude exploratoire du récit dans toutes ses variations. Frappée par sa découverte de Pierrot le fou de Jean-Luc Godard à l’âge de 15 ans, elle s’intéresse très jeune à la réalisation. Après s’être détournée du carcan de l’école de cinéma de Bruxelles, elle réalise son premier court métrage Saute ma ville (1968), puis s’envole vers New York où elle fréquente le milieu du cinéma underground. Elle rencontre Jonas Mekas et Michael Snow qui influencent ses réalisations d’alors. De retour en Belgique, elle dirige son premier long métrage de fiction Je tu il elle (1974). Son chef-d’œuvre Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles (1975) est couronné en 2022 du titre de meilleur film du monde par la revue Sight & Sound et admiré par Gus Van Sant et Todd Haynes. Chantal Akerman y transcende l’expérience du spectateur de cinéma pour le mettre à l’épreuve du temps. « Les gens sortent d’un film et quand le film est bien, ils disent : “On n’a pas senti le temps passer”. Et moi, ce que je veux, c’est que les gens sentent en eux le temps passer. », dit-elle. 
Traversé par ses engagements féministes et sociaux, questionnant les frontières de l’intime, du temps et de l’espace, le cinéma de Chantal Akerman déborde de l’écran. Elle est l’une des plus importantes cinéastes de sa génération, retour sur dix de ses réalisations.

Remerciements à la Fondation Chantal Akerman et à la Cinematek Cinémathèque royale de Belgique.
 


LECTURE PAR AURORE CLÉMENT

d’extraits de Une famille à Bruxelles de Chantal Akerman

Ce récit est le livre d’un deuil. La mère vit à Bruxelles, le père vient de mourir. Une des filles habite Paris, l’autre vit en Amérique du Sud, le reste de la famille est dispersé à travers le monde, relié par le téléphone et les morts. Une famille où l’on ne se parle pas, sinon pour dire ce qu’on va faire à manger et encore, à peine.

Une famille à Bruxelles de Chantal Akerman (L’Arche, 1998)

Mardi 5 mai à 16h30
Tarif : 7€ (plein tarif), 6€ (tarif réduit), 5€ (abonnés et Clubs)

Aurore Clément : 
« Il y a beaucoup de méandres dans l’écriture de Chantal.  
Les Rendez-vous d’Anna c’est un travail entre le silence et la parole. C’est souvent le rapport entre deux femmes. Elles se parlent très peu,  mais le “très peu” doit être comme de la musique, il doit être ponctué. »


Au programme

Visuels provenant de la Collection CINEMATEK © Chantal Akerman Foundation / DR

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Je tu il elle

(1974, 1h26, N&B) 

D’abord seule chez elle, une jeune femme déplace ses meubles (Je) et écrit des lettres (Tu). Puis, dehors, elle rencontre un camionneur (Il) et se rend finalement chez une amie, avec qui elle passe la nuit (Elle)… Premier long métrage de fiction de Chantal Akerman, une œuvre féministe, intime et radicale, avec la réalisatrice, Niels Arestrup et Claire Wauthion.

 

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Jeanne Dielman, 23 quai du Commerce, 1080 Bruxelles

(1975, 3h21, coul.) 

Trois jours hyper réglés de la vie d’une femme, mère et veuve, entre tâches ménagères et prostitution pour joindre les deux bouts. Jusqu’à ce que le désordre finisse par s’installer… Chronique choc de l’aliénation féminine ordinaire, avec Delphine Seyrig impériale et quotidienne. Le meilleur film du monde selon le sondage 2022 de la revue Sight and Sound.

 


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News from Home

(Documentaire, 1976, 1h29, coul.)

À New York, dont elle filme la vie, le métro et les façades, la cinéaste lit en voix off les lettres que lui envoie sa mère... Abandonnant personnages et narration, le film « fonctionne ailleurs, sur des rythmes, sur des pulsations, sur le regard », dit Akerman. Le sens et l’émotion surgissent alors à l’improviste pour nous emporter tout à fait.

 

Samedi 2 mai à 16h15 (Villa Lumière)

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Les Rendez-vous d’Anna

(1978, 2h07, coul.) 

Jeune cinéaste, Anna (Aurore Clément) voyage entre Bruxelles, l’Allemagne et Paris. Dans ce trajet sans but et sans fin, elle rencontre diverses figures, avec la solitude pour seul point commun… Une superbe traversée mélancolique de l’Europe du Nord en forme d’autofiction, avec aussi Magali Noël, Lea Massari, Helmut Griem, Jean-Pierre Cassel.

 

Mardi 5 mai à 20h30 présenté par Aurore Clément


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Golden Eighties

(1986, 1h36, coul.) 

Dans une galerie marchande, employés et clients se croisent, se rencontrent et rêvent d’amour. Ils en parlent, le chantent et le dansent… « D’abord l’envie de faire une comédie », dit Akerman, mais aussi la représentation du capitalisme et de la violence des rapports qu’il induit. Avec Delphine Seyrig, Lio, Charles Denner, un film politique et réjouissant !

 

Samedi 9 mai à 16h45

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Histoires d’Amérique. Food, family and philosophy

(1988, 1h36, coul.) 

« Dans une suite de plans fixes, hommes et femmes de la communauté juive new-yorkaise racontent face caméra leurs histoires d’émigration, leur mémoire des pogroms et de l’Holocauste… Entre le souvenir et l’oubli, ces récits tragiques disent aussi l’espoir, la dérision et le désir d’une vie meilleure. » In Autoportrait en cinéaste de Chantal Akerman (Cahiers du Cinéma, Centre Pompidou, 2004) 

 

Samedi 23 mai à 16h15 (Villa Lumière)


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Nuit et jour

(1991, 1h30, coul.)

À Paris, Jack et Julie s’aiment le jour et errent la nuit, lui dans son taxi, elle en se promenant. Un soir, Jack présente à sa copine Joseph, qui conduit son taxi la journée et est donc libre la nuit… Les subtilités d’un triangle amoureux, porté par trois jeunes acteurs incandescents (Guilaine Londez, Thomas Langmann et François Négret).

 

Jeudi 21 mai à 18h30 

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D’Est

(Documentaire, 1993, 1h55) 

Quel avenir possible pour les nations d’Europe de l’Est après la chute du Mur ? Pour tenter d’y répondre, Chantal Akerman scrute les immeubles, les visages, les foules et les lumières d’Ukraine, de RDA, de Russie ou encore de Lituanie… Le témoignage digne, beau et sobre, de la mort d’un monde en attendant la naissance d’un autre.

 

Samedi 30 mai à 16h15 (Villa Lumière)


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Sud

(Documentaire, 1999, 1h10)

À Jasper, au Texas, un lynchage odieux ravive les plaies d’une ségrégation qui n’a jamais pris fin… Une enquête sans concession sur le racisme systémique qui hante un pays non-réconcilié. Chantal Akerman, nourrie par la lecture de James Baldwin, filme et sonde le Sud des États-Unis, ses habitants, ses villes et sa nature « qui cache sang et charnier ».

 

Dimanche 17mai à 16h15 (Villa Lumière)

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De l’autre côté

(Documentaire, 2002, 1h39)

La frontière américano-mexicaine, filmée par-delà les barbelés et les palissades : celles et ceux qui tentent de la franchir, traqués par la police de l’immigration des États-Unis, mais aussi les Américains, partagés entre accueil empathique et rejet xénophobe… Un documentaire percutant et nuancé.

 

Vendredi 8 mai à 16h15 (Villa Lumière)