Hong Kong Cinéma
(1980-2000)
Du mardi 7 avril au dimanche 31 mai
1973. Bruce Lee laisse la société de production Golden Harvest orpheline, avec en héritage une poignée de succès mondiaux et un culte populaire voué au cinéma d’arts martiaux made in Hong Kong. Loin de sonner le glas, la fin du mythe ouvre bientôt la voie à un renouveau. Le cinéma de Hong Kong va se hisser au troisième rang mondial des industries cinématographiques. Au tournant des années 1980, alors que l’ancienne colonie britannique se dirige vers sa rétrocession à la Chine (1997), une échéance qui inquiète et stimule ses artistes, Hong Kong se réapproprie son histoire et partage sa culture sur grand écran. Le film de kung-fu trouve avec Jackie Chan une nouvelle vedette flirtant savoureusement avec le burlesque, plus tard suivi par Jet Li dans un autre registre. Une vague d’auteurs – Tsui Hark, Ann Hui, Ringo Lam, John Woo, etc. – et avec eux toute une génération d’acteurs, Chow Yun-fat, Brigitte Lin, Tony Leung, Anthony Wong, Leslie Cheung, Michelle Yeoh composent un spectre disparate et imposent leur style au public international. Les productions de Hong Kong mélangent les genres et explorent les possibles ; du drame historique et social Boat People (1982) au polar d’action Le Syndicat du crime (1986), The Killer (1989) et à la romance The Lovers (1994). Dans les années 1990-2000, un certain Wong Kar-wai (Prix Lumière 2017) signe quelques chefs-d’œuvre, dont le désormais culte In the Mood for Love (2000) prolongeant encore l’aura de ce cinéma. Au même moment, Hollywood emprunte à Hong Kong pour quelques uns de ses gros succès : Quentin Tarantino à City on Fire (1987) pour Reservoir Dogs (1992), Martin Scorsese à Infernal Affairs (2002) pour Les Infiltrés (2006), ou encore les sagas Kill Bill et Matrix aux films d’arts martiaux chorégraphiés par le maître Yuen Woo-ping, affirmant encore la place incontournable du cinéma de Hong Kong… Morceaux choisis d’un répertoire unique en son genre.
Remerciements à ARP Sélection, Carlotta Films, La Cinémathèque française, The Jokers Films, Metropolitan Filmexport
Au programme
de Ann Hui (Tau ban no hoi, 1982, 1h49, coul.)
Trois ans après avoir immortalisé la libération du peuple vietnamien en 1975, un photographe japonais découvre que, derrière l’enthousiasme de la jeune République Socialiste, se cache en réalité la misère, la famine et la répression policière… La cinéaste dépeint avec réalisme, et des images d’une rare puissance, un épisode terrible de l’histoire vietnamienne. Une œuvre profondément humaniste.
Mercredi 13 mai à 18h30
de Jackie Chan (Ging chaat goo si, 1985, 1h40, coul.)
L’inspecteur Chan se voit confier la protection d’une femme, petite amie d’un parrain de la mafia…La comédie policière survoltée incontournable des années 1980. Un grand plaisir de baston et de cascades (insensées !) où Jackie Chan, plus physique que jamais, n’a rien à envier à Bruce Lee ou Buster Keaton. Avec aussi Maggie Cheung et Brigitte Lin.
Mardi 7 avril à 18h30 présenté par Jérémy Cottin
Vendredi 8 mai à 18h30
de John Woo (Ying hung boon sik, 1986, 1h35, coul., Int. -12ans)
Deux truands, un flic et un nouveau chef de la mafia aux dents longues… Œuvre culte qui a lancé la carrière internationale de John Woo et la vague du « hero movie », film noir revu et corrigé par les codes du cinéma d’arts martiaux. Le Syndicat du crime a également imposé une star : Chow Yun-fat.
Mardi 14 avril à 20h30 présenté par Bastian Meiresonne
Jeudi 14 mai à 20h45
de Ringo Lam (Lung foo fung wan, 1987, 1h45, coul., Int. -12ans)
À la suite d’un assassinat à Hong Kong, un flic est chargé d’infiltrer un gang de dangereux truands. Il sera bientôt la cible de la police… Autre classique du film noir hongkongais, toujours avec Chow Yun-fat, alternant parfaitement action, comédie et drame. Quentin Tarantino s’en inspirera pour Reservoir Dogs.
Samedi 2 mai à 19h30
Samedi 23 mai à 19h45
de Ching Siu-tung (Sien lui yau wan, 1987, 1h38, coul.)
Égaré dans la forêt, un collecteur des impôts se réfugie dans un temple. La nuit, une musique enchanteresse l’attire vers une femme d’une beauté irréelle… Le point de départ de la légendaire saga fantastique produite par Tsui Hark. Un film d’une grande beauté, à la fois effrayant et plein de poésie. Prix du Jury (présidé par Sidney Lumet) au Festival d’Avoriaz 1988.
Samedi 25 avril à 16h30
Jeudi 28 mai à 20h30 (Villa Lumière)
de John Woo (Dip huet seung hung, 1989, 1h51, coul., Int. -12ans)
Un tueur à gages désabusé (Chow Yun-fat) accepte un dernier contrat pour payer l’opération qui permettra à une jeune chanteuse, blessée lors de sa dernière mission, de retrouver la vue… Grand hommage à l’univers de Jean-Pierre Melville et son Samouraï (1967). Produit par Tsui Hark, écrit et réalisé par John Woo, une fascinante leçon de cinéma d’action par les plus grands.
Dimanche 19 avril à 19h
Lundi 25 mai à 18h30
de John Woo (Dip huet gai tau, 1990, 2h16, coul., Int.
-16ans)
La descente aux enfers de trois amis hongkongais plongés dans les horreurs du crime et de la guerre du Viêt Nam…Une fresque puissante, qui évoque par moments Voyage au bout de l’enfer de Michael Cimino (1978). John Woo y livre sa vision de cette période tourmentée et trace un parallèle avec la situation actuelle de Hong Kong. Un incontournable du réalisateur.
Vendredi 8 mai à 20h30
Dimanche 24 mai à 18h45
de Tsui Hark (Wong Fei-hung, 1991, 2h14, coul.)
À la fin du XIXe siècle en Chine, Wong Fei-hung, médecin et maître en arts martiaux, est chargé de maintenir l’ordre dans un pays déstabilisé par la colonisation… La modernisation du wu xia pian par Tsui Hark, une épopée rythmée par des scènes de combat magistralement chorégraphiées. Le point de départ d’une grande saga et la révélation de Jet Li.
Samedi 16 mai à 17h30 (double programme Jet Li)
de Yuen Woo-ping (Tai gik Cheung Sam Fung, 1993, 1h36, coul.)
Après avoir été élevés ensemble, deux jeunes moines sont renvoyés du temple. Leurs choix de vie vont bientôt les opposer… Une fresque épique drôle et émouvante portée par trois artistes au sommet de leur art : le chorégraphe et réalisateur Yuen Woo-ping plus innovant que jamais, la consécration de Jet Li et l’explosion de Michelle Yeoh.
Samedi 16 mai à 20h30 (double programme Jet Li)
de Wong Kar-wai (1994, 1h42, coul.)
Double histoire dans le labyrinthe d’un quartier de Hong Kong : un policier croise une trafiquante tandis qu’une serveuse s’incruste dans la vie d’un flic solitaire… Pour beaucoup, la révélation Wong Kar-wai est passée par la découverte de ces deux histoires d’amour, kaléidoscope d’images au charme entêtant. Tony Leung et Faye Wong y sont irrésistibles.
Jeudi 14 mai à 16h45
Dimanche 17 mai à 18h45
Mercredi 20 mai à 20h45
de Tsui Hark (Liang Zhu, 1994, 1h47, coul.)
Sous la dynastie Chung, une jeune fille promise à un bon parti doit parfaire son éducation dans un collège réservé aux hommes. Pour pouvoir y étudier, elle se déguise en garçon… Inspiré de la légende des Amants papillons, grand classique de la culture chinoise, l’un des plus beaux films de Tsui Hark. Une histoire d’amour d’une rare puissance.
Vendredi 22 mai à 18h30 présenté par Matthieu Broussolle
de Fruit Chan (Heung Gong jai jo, 1997, 1h49, coul., Int. -16ans)
Hong Kong, été 1997. Un jeune marginal devient collecteur de dettes pour un certain M. Wing, proche des triades locales… Thriller sentimental porté par une troupe d’acteurs bouleversante d’authenticité, Made in Hong Kong traduit avec rage le sentiment d’urgence de cette société à la perspective d’avenir incertaine, à quelques mois de la rétrocession.
Jeudi 7 mai à 20h30
de Wong Kar-wai (Fa yeung nin wa, 2000, 1h38, coul.)
Hong Kong, années 1960 : M. Chow et Mme Chan sont voisins. La découverte que leurs conjoints respectifs ont des aventures les rapproche… Le sommet de la beauté façon Wong Kar-wai : Maggie Cheung dans ses robes cintrées, l’élégance de Tony Leung, une B.O. ultra romantique pour dire par petites touches le frôlement d’un amour réfréné. Majestueux et magistral, il est souvent classé parmi les 100 meilleurs films du XXIe siècle.
Lundi 6 avril à 17h15
Dimanche 26 avril à 16h30
Dimanche 3 mai à 16h45
de Andrew Lau et Alan Mak (Mou gaan dou, 2002, 1h41, coul., Int. -12ans)
Ming infiltre la police pour le compte d’une organisation criminelle. Yan, policier, joue les taupes au sein de la pègre… Un polar incontournable qui prolonge la tradition du film noir hongkongais en apportant du neuf : l’action cède le pas à une intrigue brillante et millimétrée. Un duel magistral entre Andy Lau et Tony Leung qui inspirera Scorsese pour Les Infiltrés.
Vendredi 24 avril à 20h45
Mardi 19 mai à 21h
de Stephen Chow (Kung Fu Hustle, 2004, 1h39, coul.)
Shanghai, 1940. Sing se retrouve malgré lui au cœur d’un affrontement entre le terrible gang des Haches et celui des maîtres kung-fu... Dans la grande tradition du film de sabre, une comédie déjantée à mi-chemin entre Tex Avery et Buster Keaton, entre Kill Bill et le western italien, Crazy kung-fu grouille de références, mais aussi d’idées.
Samedi 9 mai à 18h45
de Johnnie To (Hak se wui, 2005, 1h41, coul., Int. -12ans
La triade la plus antique de Hong Kong doit élire son nouveau président. Les deux candidats à l’élection s’engagent dans une lutte sanguinaire pour se départager… Johnnie To apporte un regard réaliste sur la condition de gangster à Hong Kong dans les années 2000. Une mise en scène brillante pour l’une des pièces maîtresses de sa gigantesque filmographie.
de Johnnie To (Fong juk, 2006, 1h50, coul.)
Macao, 1998. Trois tueurs à gages venus de Hong Kong sont chargés de liquider l’un des leurs qui a trahi le milieu afin de changer de vie. Auparavant, ils tentent un dernier job afin d’assurer de l’argent à sa famille… Un mélange réussi de genres aussi différents que le polar, le thriller, la comédie et le western spaghetti, pour notre plus grand plaisir.
Samedi 25 avril à 20h45
Mercredi 27 mai à 21h