Billetterie

Pier Paolo Pasolini

 

Du mercredi 25 janvier au jeudi 23 mars 2023

 

Pier Paolo Pasolini (1922–1975) est déjà un romancier à succès et un poète estimé quand il passe à la réalisation à l’aube de ses 40 ans. Il tournera plus d’une quinzaine de films en 15 ans. D’abord scénariste, notamment pour Fellini, il aborde la mise en scène en autodidacte.

Pasolini n’exalte pas le caractère ordinaire de ses personnages. Il saisit au contraire leur héroïsme et leur humanité. Alberto Moravia le résumera quelques jours après sa mort : « Pasolini voyait le sous-prolétariat comme une société alternative et révolutionnaire, analogue aux sociétés du christianisme primitif, porteuse d’un message inconscient d’humilité et de pauvreté, à opposer au message hédoniste et nihiliste de la bourgeoisie. »

Il n’y a ainsi pour lui pas de rupture entre l’Italie des années 1960 et le retour aux mythes, religieux (L’Évangile selon saint Matthieu) ou tragique (Œdipe Roi, Médée). Sa « Trilogie de la vie », qui adapte trois grands textes littéraires (Le Décaméron, Les Contes de Canterbury et Les Mille et une nuits) dit encore l’exaltation joyeuse du génie populaire. À l’inverse, la noirceur terrifiante de Salò ou les 120 jours de Sodome, transposition de Sade dans les derniers instants du fascisme italien, désigne puissamment le mal politique. Le film sort après son assassinat, probablement dû à un complot politique. Il est le testament d’une œuvre poétique qui prophétise avec acuité les excès du capitalisme et la marchandisation du monde et crie avec désespoir sa foi en l’homme.

Pour accompagner cette rétrospective, l’Institut Lumière propose dans ses deux galeries une exposition illustrant la passion du cinéaste pour le football.

Remerciements à Carlotta Films, Park Circus, Solaris Distribution, Tamasa.



Au programme

SOIRÉE D’OUVERTURE
Mercredi 25 janvier à 18h30
Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini (1962, 1h46)
Séance présentée par Maelle Arnaud

PRÉSENTATION DE THÉORÈME
Jeudi 9 février à 18h30
18h30 Théorème de Pier Paolo Pasolini (1968, 1h38)
Présentation du film mythique par Julien Lingelser, Professeur agrégé d’italien, auteur d’articles sur Pier Paolo Pasolini

CINÉ-CONFÉRENCE PIER PAOLO PASOLINI
Samedi 11 février
par Fabrice Calzettoni
14h30
Ciné-conférence (env. 1h30)
Une présentation de l’œuvre de Pier Paolo Pasolini, avec de nombreux extraits de films
16h30 L’Évangile selon saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini (1964, 2h17)

CINÉ PHILO-MUSICAL AUTOUR DE ACCATTONE
Jeudi 16 février à 19h45
« La question du corps dans Accattone de Pasolini : poésie charnelle et incarnation de l’Histoire ? »
En présence de Grégory Fayolle (philosophe) et de Camille Foray (violoniste), qui étudient dans leurs travaux la pensée et l’œuvre cinématographique de Pier Paolo Pasolini
Accattone de Pier Paolo Pasolini (1961, 1h57)
À l’issue de la projection, présentation du contenu philosophique et musical du film, avec une représentation au violon des thèmes musicaux, et une discussion avec le public (env. 45min)

CONFÉRENCE SUR PIER PAOLO PASOLINI PAR RENÉ DE CECCATTY
Mardi 28 février
En présence de René de Ceccatty, romancier, traducteur, éditeur, critique
18h30 Conférence sur Pier Paolo Pasolini (env. 1h15)
À la pause, signature de Avec Pier Paolo Pasolini de René de Ceccatty (Ed. du Rocher, 2022)
Le poète, le romancier et le polémiste ; le cinéaste, le dramaturge et le peintre ; ses relations aux autres ; la mort… René de Ceccatty rassemble un large choix des études, articles, entretiens et conférences qu’il n’a cessé depuis quarante ans de consacrer au poète cinéaste.
20h30 Salò ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini (1975, 1h57)

 

EXPOSITION(S) PASOLINI
Du 8 février au dimanche 16 avril
Pasolini et le football - La solitude de l’ailier droit
Une exposition inédite de photographies sur Pier Paolo Pasolini et le foot
Galeries photo de l’Institut Lumière
et
Exposition d’affiches de films de Pier Paolo Pasolini
au Hangar du Premier-Film

 

 

Les films de la rétrospective

 

Accattone
(1961, 1h57, N&B)

Vittorio, alias Accattone (littéralement : celui qui mendie), vit des charmes de Maddalena, dont il est le souteneur. Quand celle-ci va en prison, le voilà sans ressources… Dialogues savoureux en dialecte romain, visages de gens ordinaires, violence quotidienne : derrière la drolatique comédie de dialogues affleure peu à peu une tragédie aux accents christiques.

Dimanche 29 janvier à 14h30
Jeudi 16 février à 19h45 en présence de Grégory Fayolle (philosophe) et de Camille Foray (violoniste)
Dimanche 12 mars à 16h45
Jeudi 23 mars à 16h  

 

Mamma Roma
(1962, 1h46, N&B)

Prostituée des environs de Rome, « Mamma Roma » (Anna Magnani) devient vendeuse au marché pour parfaire l’éducation de son fils, Ettore, qui ne sait rien du précédent métier de sa mère… Poésie des terrains vagues et récit d’initiation tragi-comique : pour son deuxième film, Pasolini confronte aux non-professionnels une star qui trouve un rôle à sa mesure.

Mercredi 25 janvier à 18h30 présenté par Maelle Arnaud
Mercredi 1er février à 16h30
Dimanche 12 février à 14h30
Samedi 4 mars à 19h15
Dimanche 5 mars à 17h 

 

La ricotta – segment de Rogopag 
(1963, 35min, N&B et coul.)

Sur le tournage d’une passion du Christ, un figurant affamé se met en quête de nourriture… Tout l’art de Pasolini, burlesque et tragique à la fois, se retrouve dans ce segment hilarant du film collectif Rogopag (Rossellini, Godard, Pasolini et Gregoretti) : souffrance des pauvres, vulgarité du monde, etc. Avec Orson Welles en guest star.

Séance unique !
Vendredi 17 février à 16h30 suivi de Carnet de notes pour une Orestie africaine 

 

Enquête sur la sexualité
(Comizi d’amore, 1964, 1h32, N&B) – Documentaire

Pasolini interroge les Italiens de la rue sur leurs désirs, l’évolution de la sexualité, les déviances qu’ils acceptent ou condamnent… Un document sur l’Italie des années 1960 et ses clivages : Nord contre Sud, progressistes contre rétrogrades, etc. Et aussi la quête personnelle, presque masochiste, de celui qui se sait différent, et en souffre.

Vendredi 27 janvier à 16h30
Mercredi 1er mars à 16h30
  

L’Évangile selon saint Matthieu 
(Il Vangelo secondo Matteo, 1964, 2h17, N&B)

Une vie de Jésus, de sa naissance à sa mort et sa résurrection… Pasolini, athée, marxiste et homosexuel, surprit en se lançant dans ce projet. Il tient du Mystère : c’est « sa » troupe – et sa propre mère dans le rôle de Marie ! – qui, avec son humble vérité, dans les décors naturels du sud de l’Italie, retrouve la puissance originelle des Écritures. Une splendeur.

Samedi 28 janvier à 18h30
Dimanche 5 février à 17h30
Samedi 11 février à 16h30 présenté par Fabrice Calzettoni
Mardi 14 février à 20h30
Samedi 18 mars à 17h 

 

Des oiseaux, petits et gros
(Uccellacci e uccellini, 1966, 1h29, N&B)

Un père et son fils (Totò, génial, et Ninetto Davoli, le grand amour de Pasolini) errent dans la banlieue de Rome. Ils rencontrent un corbeau qui leur conte l’histoire des moines chargés d’évangéliser les oiseaux… Une fable d’une drôlerie et d’une liberté ébouriffantes, commentaire sur la foi et la lutte des classes. Et une grande puissance comique !

Jeudi 26 janvier à 16h30
Vendredi 27 janvier à 21h
Mercredi 1er février à 18h30
Mardi 7 février à 16h30 

 

Œdipe Roi
(Edipo Re, 1967, 1h44, coul.)

Dans les années 1920, en Italie, le bonheur d’un enfant avec sa mère, interrompu par l’arrivée du père. Puis, la Grèce antique et l’histoire d’Œdipe, meurtrier de son père, époux de sa mère… Pasolini enchâsse le texte revisité de Sophocle dans deux scènes modernes, rappelant le caractère quasi autobiographique du récit. Silvana Mangano est une inoubliable Jocaste.

Mardi 7 février à 18h30
Jeudi 2 mars à 18h30
Jeudi 16 mars à 16h15  

 

Théorème
(Teorema, 1968, 1h38, coul., Int. -16 ans)

Un mystérieux visiteur bouleverse la vie d’une famille bourgeoise de Milan, dont il séduit tour à tour tous les membres… Le film fit scandale et divisa l’Église catholique : car l’inconnu séduisant (Terence Stamp, magnétique) pourrait être Dieu lui-même, démontrant ainsi l’incapacité bourgeoise à accueillir le sacré. Magnifiques interprétations de Laura Betti et Silvana Mangano.

Dimanche 29 janvier à 16h45
Jeudi 9 février à 18h30 présenté par Julien Lingelser
Dimanche 26 février à 14h30
Mardi 28 février à 16h15
Mardi 14 mars à 16h30  
 

 

 

 

Médée
(Medea, 1969, 1h51, coul.)

Pour accéder au trône, Jason doit voler la Toison d’or. En chemin, il rencontre Médée la magicienne… Unique apparition de Maria Callas au cinéma, grandiose en Médée dans cette tragédie spectaculaire, tournée dans les paysages de Cappadoce, qui emprunte à Euripide sa deuxième partie. Son personnage incarne un âge magique que Jason vient clore. L’un des sommets de l’art de Pasolini.

Mardi 31 janvier à 18h30
Jeudi 2 février à 16h15
Vendredi 3 février à 18h30  

 

 

 

Carnet de notes pour une Orestie africaine
(Appunti per un’Orestiade africana, 1970, 1h05, coul.) – Documentaire

Pasolini sillonne l’Ouganda et la Tanzanie à la recherche des décors et des interprètes de L’Orestie, son prochain projet (qu’il ne tournera pas)… En Afrique, le cinéaste croit trouver l’émergence des démocraties modernes, qu’annonce la fin de la tragédie d’Eschyle. Ces repérages s’enrichissent de rencontres, de réflexions sur le sacré et du saxophone en liberté de Gato Barbieri. Envoûtant.

Vendredi 17 février à 16h30 précédé de La ricotta 

 

   

La Trilogie de la vie

Au début des années 1970, Pier Paolo Pasolini décide de porter à l’écran trois grands récits fondateurs : Le Décaméron de Boccace, Les Contes de Canterbury de Chaucer et Les Mille et Une Nuits. Réjouissante, extravagante, ambitieuse, sa « Trilogie de la vie » est autant une satire de la société de consommation moderne qu’une réflexion sur les mœurs, la sexualité, la religion et le pouvoir.

Pass 3 films : Samedi 18 février à 15h 

 

Le Décaméron
(Il Decamerone, 1971, 1h51, coul., Int. -16 ans)

Un homme riche est détroussé par celle qui s’est présentée comme sa soeur. Un jardinier feint d’être muet pour mieux séduire les nonnes d’un couvent… Pasolini adapte plusieurs nouvelles du légendaire Décaméron, retrouvant dans l’Italie médiévale le peuple truculent qu’il aime filmer. Sa paillardise le séduit davantage que la liberté sexuelle contemporaine, jugée bourgeoise.

Mercredi 8 février à 18h30
Vendredi 10 février à 16h30
Samedi 18 février à 15h :
Film seul / Pass 3 films La Trilogie de la vie

 

Les Contes de Canterbury 
(I racconti di Canterbury, 1972, 1h58, coul., Int. -16 ans)

Dans l’Angleterre médiévale, des pèlerins échangent des récits : celui d’une femme profitant de la cécité de son mari pour recevoir son amant, celle du diable aidant l’inquisition à punir deux homosexuels… Pour ces contes de Chaucer (qu’incarne Pasolini), même truculence rabelaisienne, même sexualité débridée, vue comme un irrésistible élan libertaire !

Vendredi 10 février à 21h
Samedi 18 février :
Film seul à 17h30 / Pass 3 films La Trilogie de la vie à 15h
Vendredi 24 février à 16h15 

 

Les Mille et une nuits
(Il Fiore delle mille e una notte, 1974, 2h10, coul., Int. -16 ans)

En Orient, une belle esclave choisit son nouveau maître, un jeune homme pauvre. Mais le destin les sépare… Pasolini clôt sa trilogie en choisissant quelques récits lestes dans le foisonnant recueil de contes. La puissance picturale – magnifiques décors de Dante Ferretti – donne son prix à cette oeuvre burlesque et envoûtante.

Samedi 18 février :
Film seul à 20h30 / Pass 3 films La Trilogie de la vie à 15h
Mercredi 22 février à 16h30
Samedi 25 février à 16h30
 

 

Salò ou les 120 journées de Sodome 
(Salò o le 120 giornate di Sodoma, 1975, 1h57, coul., Int. -16 ans)

Quatre notables de la République Sociale Italienne, ultime sursaut mussolinien, raflent dans la campagne hommes et femmes pour les soumettre à leurs fantasmes… Pasolini transpose Sade dans les derniers feux du fascisme et signe un film d’une noirceur abyssale, qui repousse les limites du représentable et dénonce une société transformant les individus en objets.

Mardi 28 février à 20h30 présenté par René de Ceccatty
Mardi 7 mars à 18h30
Mercredi 15 mars à 16h15
Mercredi 22 mars à 20h45 

 

Autour de Pasolini

Pasolini, mort d’un poète de Marco Tullio Giordana
(Pasolini, un delitto italiano, 1995, 1h40, coul.)

Le 2 novembre 1975, on découvre le cadavre de Pier Paolo Pasolini sur une plage d’Ostie. La police arrête et juge le jeune Giuseppe « Pino » Pelosi. Un coupable idéal ?… En adaptant son propre livre-enquête, Marco Tullio Giordana montre comment les déficiences de l’enquête ont permis d’étouffer la probable nature politique de l’assassinat du poète cinéaste. Efficace mélange de reconstitution du procès et d’images d’archives.

Séance unique !
Mercredi 22 février à 19h

 

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