Billetterie

Francesco Rosi

le révolté du cinéma italien

 

Du 22 novembre 2022 au 24 janvier 2023

 


Il fut l’un des grands témoins de l’Italie du XXe siècle, racontant sans relâche les scandales étouffés par les puissants et l’homme du Sud aux prises avec les tourments de l’histoire... Né à Naples, assistant de  Luchino Visconti, Francesco Rosi (1922–2015) a développé un style propre, un cinéma-enquête nourri d’une puissante recherche documentaire, cherchant à mettre au jour les rouages du pouvoir et ses abus : la spéculation immobilière à Naples (Main basse sur la ville), le destin du bandit Salvatore Giuliano, indépendantiste sicilien manipulé par les gouvernants, ou l’histoire de la mafia napolitaine à travers le parcours controversé d’un de ses chefs, Lucky Luciano. Mais son inspiration néoréaliste s’enrichit d’un lyrisme inattendu, qu’il attribuait à l’influence espagnole sur la psyché napolitaine et qui se manifeste notamment dans son adaptation de Gabriel Garcia Marquez (Chronique d’une mort annoncée) ou dans son film-opéra, Carmen. Il a aussi adapté Leonardo Sciascia (Cadavres exquis), ou Carlo Levi (Le Christ s’est arrêté à Eboli), fidèle à un art littéraire et engagé, manifestant sa foi en un cinéma politique susceptible d’influer sur le monde.


En partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse, qui a proposé la rétrospective Francesco Rosi en novembre 2022.

Remerciements à Park Circus, Splendor Films, Warner, Friedrich Wilhelm Murnau Stiftung, The Walt Disney Company, Ciné Sorbonne, Les Acacias, La Cinémathèque française, Swashbuckler Films.

Ressortie en salle le 16 novembre en copie restaurée de Main basse sur la ville et Cadavres exquis par Les Acacias.



 

Au programme

SOIRÉE D’OUVERTURE
Mardi 22 novembre
18h15
Main basse sur la ville (Le Mani sulla città, 1963, 1h41, N&B)
Présentée par Fabrice Calzettoni

CONFÉRENCE SUR FRANCESCO ROSI PAR MICHEL CIMENT
En présence de Michel Ciment, critique, historien du cinéma et spécialiste de Francesco Rosi
Mardi 13 décembre
18h30
Conférence sur Francesco Rosi (env. 1h15)
Michel Ciment évoquera le rôle qu’a joué la revue Positif, dont il dirige la publication et qui fête ses 70 ans, dans le soutien et l’accompagnement au cinéma de Francesco Rosi.
À la pause, signature du numéro de novembre de Positif, présentant un dossier de 21 pages sur le cinéaste.
20h30 Salvatore Giuliano (1962, 2h03)

 

 

Les films de la rétrospective

 

Profession : magliari de Francesco Rosi
(I Magliari, 1959, 1h51, N&B)

Émigré en Allemagne, Mario (Renato Salvatori) rejoint la bande de Totonno (Alberto Sordi) : des « magliari », vendeurs de tissu à la sauvette… Le deuxième film de Rosi mêle réalisme social et échappées burlesques. Les scènes de bande et la vérité des extérieurs nocturnes tournés dans les quartiers chauds de Hambourg donnent au film son énergie et sa singularité.

Jeudi 24 novembre à 16h15
Vendredi 25 novembre à 20h30
Mercredi 30 novembre à 20h30 

 

Salvatore Giuliano de Francesco Rosi
(1962, 2h03, N&B)

Vie et mort de Salvatore Giuliano (1922-1950), « Robin des bois sicilien », indépendantiste devenu un outil au service des intérêts politiques… Non pas un « biopic » au sens strict, mais une fresque ambitieuse et rigoureuse sur la Sicile de l’après-guerre, la misère des paysans, la collusion entre pouvoir politique, police et mafia. Michel Ciment : « L’œuvre d’un homme, d’un poète et d’un citoyen. »

Mardi 13 décembre à 20h30 (présenté par Michel Ciment)
Samedi 14 janvier à 16h30
Samedi 21 janvier à 15h15
Mardi 24 janvier à 16h15 



Main basse sur la ville de Francesco Rosi
(Le mani sulla città, 1963, 1h41, N&B)

À Naples, un chantier provoque l’effondrement meurtrier d’un immeuble. L’entrepreneur peu scrupuleux est conseiller municipal… Au plus près de la réalité de l’Italie méridionale de l’après-guerre, Rosi emprunte au film noir américain pour dénoncer la corruption politique autorisant une spéculation immobilière crapuleuse. Le résultat est universel et, hélas, sans date de péremption.

Mardi 22 novembre à 18h15 (présenté par Fabrice Calzettoni)
Jeudi 24 novembre à 20h30
Mercredi 30 novembre à 16h30
Vendredi 2 décembre à 20h45 

 

Les Hommes contre de Francesco Rosi
(Uomini contro, 1970, 1h41, coul.)

1916, un général italien envoie obstinément ses hommes à la mort pour reconquérir une position cédée aux Autrichiens. Deux officiers tentent de se rebeller... Un grand film politique sur la guerre, où l’ennemi n’est peut-être pas dans le camp d’en face mais plutôt du côté de sa propre hiérarchie. Le réquisitoire de Francesco Rosi est implacable et fait froid dans le dos.

Jeudi 5 janvier à 18h30
Samedi 7 janvier à 14h30 

 

L’Affaire Mattei de Francesco Rosi
(Il caso Mattei, 1972, 1h56, coul.)

En 1962, Enrico Mattei (Gian Maria Volonté), spectaculaire patron de l’énergie italienne, meurt dans un accident d’avion. Attentat ou accident ?… « Mattei est l’Italien, disait Rosi. Dans sa génialité, sa générosité… Populiste, nationaliste, avec une vocation de démocrate mais aussi d’autocrate. » Bouleversant film dossier sur une énigme jamais résolue.

Vendredi 13 janvier à 20h30
Samedi 14 janvier à 21h
Vendredi 20 janvier à 18h30
Dimanche 22 janvier à 18h30 

 

Lucky Luciano de Francesco Rosi
(1973, 1h45, coul.)

Après avoir structuré la mafia américaine, Lucky Luciano (Gian Maria Volonté) est expulsé vers la Sicile, où il bâtit un empire criminel fondé sur le trafic de drogue… Une réflexion implacable sur les rapports entre pouvoir légal et illégal. Idée forte : demander au policier d’origine sicilienne qui a poursuivi Luciano de jouer son propre rôle.

Samedi 3 décembre à 18h30
Vendredi 9 décembre à 18h30
Samedi 10 décembre à 20h30
Mercredi 14 décembre à 16h30 

 

Cadavres exquis de Francesco Rosi
(Cadaveri eccelenti, 1976, 2h, coul.)

Un inspecteur intègre (Lino Ventura) enquête sur les morts de plusieurs magistrats. Il découvre peu à peu qu’on lui ment et qu’une machination est à l’œuvre… D’après Sciascia, un saisissant apologue politique doublé d’un suspense policier : Rosi pointe les aberrations du pouvoir. Une sourde angoisse émane d’un récit proche de la politique-fiction, mais ancré dans l’Italie des années de plomb.

Mercredi 7 décembre à 18h30
Samedi 10 décembre à 14h30
Jeudi 5 janvier à 20h30
Samedi 7 janvier à 18h15

 

Le Christ s’est arrêté à Eboli de Francesco Rosi
(Cristo si è fermato a Eboli, 1979, 2h30, coul.)

L’écrivain et médecin Carlo Levi (Gian Maria Volonté) est assigné à résidence par le pouvoir fasciste dans une petite ville du Sud. Il y découvre un monde rural intemporel et oublié du monde… Fidèle au récit autobiographique qu’il adapte, Rosi raconte une histoire d’hier pour dire l’éternelle « marginalisation du Sud ». Le constat est à la fois lucide et poétique.

Mercredi 4 janvier à 16h30
Mardi 10 janvier à 20h30
Mardi 17 janvier à 16h30   

 

Trois frères de Francesco Rosi
(Tre fratelli, 1981, 1h53, coul.)

À la mort de leur mère, trois frères retournent dans le village familial au sud de l’Italie. L’un est juge, inquiet du terrorisme, le second éducateur, le dernier ouvrier : ils incarnent un pays qui doute… Le film a deux visages, celui d’une fine analyse socio-historique chère à Rosi, mais aussi celui d’une poignante élégie, ode à une terre ingrate et aimée, et à des bonheurs disparus.

Vendredi 2 décembre à 16h30
Samedi 3 décembre à 14h30 

 

Carmen de Francesco Rosi
(1984, 2h32, coul.)

À Séville, Carmen séduit le brigadier Don José, qui se fait déserteur pour la rejoindre… Peut-être le plus réussi des « film-opéras » produits à l’époque par Daniel Toscan du Plantier (et la Gaumont) : Rosi donne vie de façon puissamment réaliste à l’intrigue de Bizet, aidé par des chanteurs d’exception (Raimondi, Placido) et la fougue de la révélation Julia Migenes-Johnson.

Samedi 26 novembre à 14h30
Jeudi 8 décembre à 18h30 

 

Chronique d’une mort annoncée de Francesco Rosi
(Cronaca di una morte annunciata, 1987, 1h49, coul.)

Dans un petit village d’Amérique du Sud, deux frères préparent au vu et au su de tous l’assassinat de l’homme qui a séduit leur sœur… Adaptation luxueuse du roman de Gabriel García Márquez, ce film au casting international dérouta au Festival de Cannes 1987. Retrouvant le code d’honneur du sud de l’Italie, Rosi signe pourtant un poignant mélodrame.

Vendredi 13 janvier à 16h30
Mercredi 18 janvier à 16h30 

 

Oublier Palerme de Francesco Rosi
(Dimenticare Palermo, 1990, 1h40, coul.)

Un politicien américain d’origine sicilienne (James Belushi) visite Palerme et y affronte la mafia locale… Adaptation libre du roman d’Edmonde Charles-Roux, dans laquelle Rosi prolonge son regard acéré sur le poids du crime organisé en Sicile, mais décrit aussi la lente transformation d’un homme redécouvrant ses racines. Fulgurantes apparitions de Vittorio Gassman.

Mardi 3 janvier à 16h30
Mardi 24 janvier à 18h30

 

 

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