Simone Signoret dans Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton (1958) © Films Corona - Fono Roma

Simone Signoret

Du vendredi 28 août au samedi 3 octobre

«  Je ne crois pas que ce sont les rôles qui apportent quelque chose à l’acteur, je crois que c’est l’acteur qui apporte quelque chose au rôle grâce à sa vie et à ses rencontres » dit Simone Signoret en 1963.
Trois ans plus tôt, consécration ultime, elle a remporté un Oscar pour son interprétation dans Les Chemins de la haute ville (1959), face à Doris Day, Audrey Hepburn, Katharine Hepburn et Elizabeth Taylor. Elle est alors la première actrice française à obtenir cette récompense. Elle a déjà à son actif, un Prix d’interprétation à Cannes, plusieurs grands succès et une popularité bien installée. Ses premiers pas au cinéma, elle les fait en tant que figurante aux côtés d’Arletty dans Boléro (1942) ou encore Les Visiteurs du soir (1942). Son mari Yves Allégret lui offre parmi ses premiers véritables rôles : Les Démons de l’aube (1946), Dédée d’Anvers (1948) et Manèges (1949). Mais c’est avec Casque d’Or de Jacques Becker (1951) que sa carrière décolle. Dès lors, elle tourne avec les plus grands : Marcel Carné en interprétant Thérèse Raquin (1953), tourné à Lyon, Henri-Georges Clouzot pour Les Diaboliques (1954), Costa-Gavras pour Compartiment tueurs (1965) et L’Aveu (1970), Jean-Pierre Melville pour L’Armée des ombres (1969), également tourné à Lyon, Stanley Kramer, Sidney Lumet, René Clément, Pierre Granier-Deferre, etc. Parallèlement à sa carrière d’actrice, et dès les années 1950, elle incarne avec son mari Yves Montand une certaine élite intellectuelle de gauche, aux côtés de Jorge Semprun, Simone de Beauvoir, Serge Reggiani, et participe à une vaste tournée dans les pays du bloc de l’Est. En 1977, à 56 ans, elle reçoit le César de la meilleure actrice pour son interprétation dans La Vie devant soi de Moshé Mizrahi, adaptation d’un roman de Romain Gary et Oscar du meilleur film étranger. Simone Signoret a tissé une filmographie à son image, traversée par ses engagements, ses rencontres, ses passions, écrivant quatre décennies d’histoire du 7e art.
 

Remerciements à Les Acacias, Carlotta Films, Les Films du Camélia, Gaumont, KG Productions, Malavida, René Chateau, Pathé, Studiocanal, Tamasa.


Au programme

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Dédée d’Anvers

d’Yves Allégret (France, 1948, 1h40, N&B) 

Une prostituée travaillant dans un bar du port d’Anvers tombe amoureuse d’un marin de passage… Yves Allégret offre à Simone Signoret, son épouse, ce premier grand rôle qui fera d’elle une star. Sa présence, déjà magnétique, sublime cette œuvre noire et réaliste. Elle n’a déjà rien à envier à ses camarades de jeu plus expérimentés : Marcel Dalio et Bernard Blier.

 

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Manèges

d’Yves Allégret (France, 1949, 1h31, N&B) 

L’accident de sa fille donne à une mère l’occasion de dire à son gendre ses quatre vérités : des révélations qu’il risque de ne pas apprécier… Un drame conjugal d’une noirceur absolue où les venimeuses Simone Signoret et Jane Marken se jouent du pauvre et naïf Bernard Blier. Un bijou de méchanceté à découvrir. 

 


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La Ronde

de Max Ophuls (France, 1950, 1h33, N&B) 

Une série d’histoires tournant autour de rencontres amoureuses ou « galantes ». La « ronde » passe de la prostituée au soldat, du soldat à la femme de chambre, de la femme de chambre au fils de famille… Mise en scène virtuose, casting prestigieux (Simone Signoret, Danielle Darrieux…), ironie mordante : l’amour malicieusement sublimé par le cinéma.

 

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Ombre et lumière

de Henri Calef (France, 1951, 1h32, N&B)

Caroline voit son amant Jacques lui préférer sa demi-sœur Isabelle. Elle est prête à tout pour le reconquérir et la jalousie se transforme en haine… Dans ce jeu de miroir, Henri Calef expose une rivalité entre sœurs menant peu à peu à la cruauté et la folie. Un véritable récital pour deux fabuleuses actrices : Maria Casarès et Simone Signoret.

 


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Casque d’or

de Jacques Becker (France, 1952, 1h39, N&B) 

Marie, dite Casque d’or, et Manda (Serge Reggiani) s’éprennent l’un de l’autre, tandis que Leca (Claude Dauphin), chef d’une bande rivale, la désire aussi… Un scénario parfait, des images splendides, des décors magnifiques, une Simone Signoret éblouissante et Jacques Becker au sommet de son art. 

 

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Thérèse Raquin

de Marcel Carné (France, Italie, 1953, 1h42, N&B)

Thérèse (Simone Signoret) vient d’épouser son cousin Camille. Elle rencontre un camionneur italien (Raf Vallone) et bascule dans l’adultère… Dans ce portrait d’une bourgeoisie étriquée et repliée sur elle-même, Carné adapte Zola et délocalise l’action. Un plaisir de retrouver le Lyon des années 1950 : la rue Saint-Jean, la place Rouville ou le quai de la Pêcherie.

 


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Les Diaboliques

d’Henri-Georges Clouzot (France, 1955, 1h57, N&B)

Le directeur despotique et cruel d’une pension de jeunes garçons terrorise sa femme Christine et affiche sans vergogne sa liaison avec une institutrice. Celle-ci convainc Christine de se débarrasser de lui… Chef-d’œuvre noir au suspense redoutable reposant sur de constants effets de surprise, avec Simone Signoret, Véra Clouzot, Paul Meurisse et Charles Vanel.

 

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Les Sorcières de Salem

de Raymond Rouleau (France, Allemagne, 1957, 2h25, N&B)

En 1692, à Salem, la servante Abigail est chassée de la maison par sa maîtresse pour avoir entretenu une relation avec son mari. Pour se venger, elle se livre à des pratiques de sorcellerie… Audacieuse adaptation de la célèbre pièce d’Arthur Miller par Jean-Paul Sartre aux dialogues et scénario. Révélation de Mylène Demongeot. Avec aussi les excellents Yves Montand et Simone Signoret.

 


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Les Chemins de la haute ville

de Jack Clayton (Room at the Top, Royaume-Uni, 1958, 1h57, N&B)

Dans une petite ville, un modeste employé séduit la riche héritière d’un industriel dans le but de s’élever socialement. Mais cette union déplaît à la famille… Un drame amer de l’arrivisme où la bourgeoisie n’est pas épargnée. Simone Signoret impressionne et devient la première actrice française à obtenir l’Oscar de la meilleure actrice ainsi qu’un prix d’interprétation au Festival de Cannes.

 

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Adua et ses compagnes

d’Antonio Pietrangeli (Adua e le compagne, Italie, 1960, 1h59, N&B)

Après la fermeture de leur maison close, quatre prostituées tentent de s’établir à leur compte en ouvrant ce qui s’apparenterait à un simple restaurant… Une pépite à mi-chemin entre le drame néoréaliste et la comédie italienne au casting de haut vol : Simone Signoret, Marcello Mastroianni et Emmanuelle Riva.

 


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Compartiment tueurs

de Costa-Gavras (France, 1965, 1h35, N&B)

Après un trajet de nuit, le cadavre d’une femme est découvert dans un train… Le premier film, très remarqué, de Costa-Gavras. Un polar au suspense hitchcockien d’après Sébastien Japrisot, avec Catherine Allégret, Jacques Perrin, Simone Signoret, Yves Montand, Michel Piccoli, Jean-Louis Trintignant, Pierre Mondy.

 

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L’Armée des ombres

de Jean-Pierre Melville (France, Italie, 1969, 2h25, coul.)

Gerbier s’évade du siège de la Gestapo et exécute, avec Félix et Lemasque, le responsable de son arrestation… Pour ce film tourné à Lyon, Melville s’inspire de ses souvenirs de résistant : « Le film est une tragédie à sept personnages, ni plus ni moins. C’est un morceau de ma mémoire, de ma chair. » Un chef-d’œuvre. Avec Lino Ventura, Paul Meurisse, Simone Signoret.

 


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L’Aveu

de Costa-Gavras (France, Italie, 1970, 2h19, coul.)

Prague, 1951, un haut responsable politique accusé d’espionnage est forcé à avouer des crimes qu’il n’a pas commis… D’après le livre autobiographique d’Artur London, une dénonciation implacable des purges staliniennes, avec Yves Montand dans son plus grand rôle et Simone Signoret incarnant son épouse, alors même que le couple qui avait engagé une tournée dans les blocs de l’Est, a mesuré l’ampleur de la désillusion.

 

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Le Chat

de Pierre Granier-Deferre (France, Italie, 1971, 1h26, coul.)

Émile et Marguerite, enfermés dans leur pavillon de banlieue, se haïssent violemment. Émile réserve ses soins au chat qu’il a recueilli… Granier-Deferre met sa mise en scène à la hauteur du scénario de Pascal Jardin et de la force des deux monstres qu’il dirige. Le film évoque la fin, la fin de tout, de la ville, de la vie, de l’amour.

 


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La Veuve Couderc

de Pierre Granier-Deferre (France, Italie, 1971, 1h32, coul.)

Jean, bagnard en cavale, trouve refuge dans la ferme de la veuve Couderc. Il devient l’amant de cette femme plus âgée… Brillante adaptation de roman éponyme de Simenon. Un mélodrame rural magnifiquement incarné par Alain Delon et Simone Signoret toute en intensité, grand succès en salle à sa sortie.

 

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Les Granges brûlées

de Jean Chapot (France, Italie, 1973, 1h38, coul.)

Un juge mène une enquête difficile dans une ferme isolée du Haut-Doubs. Après un premier contact rude, il noue une étrange amitié avec la chef de famille… Le duo mythique Delon-Signoret est à nouveau réuni dans ce drame psychologique sous la neige. Simone Signoret crève l’écran en matriarche solide et fière. Avec aussi Miou-Miou et Catherine Allégret.

 


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La Vie devant soi

de Moshé Mizrahi (France, 1977, 1h45, coul.)

Paris, Belleville 1975, une ancienne prostituée rescapée des camps de concentration se lie d’amitié avec un jeune garçon arabe qu’elle est chargée de garder… Adaptation du roman de Romain Gary portée par l’interprétation magistrale de Simone Signoret qui remporte le César de la meilleure actrice.

 

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Judith Therpauve

de Patrice Chéreau (France, 1978, 2h05, coul.)

Veuve d’un grand Résistant, Judith Therpauve accepte de prendre la direction d’un quotidien fondé au lendemain de la Libération. Elle se heurte aux manœuvres des uns et aux revendications des autres… Deuxième film de Patrice Chéreau, un portrait de femme crépusculaire. L’un des derniers rôles de Simone Signoret au cinéma.

 


Autour de Simone Signoret

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Moi qui t’aimais

de Diane Kurys (France, 2025, 1h59)

Simone Signoret et Yves Montand étaient le couple le plus célèbre de leur temps. Hantée par la liaison de son mari avec Marilyn Monroe et meurtrie par toutes celles qui ont suivi, Signoret a toujours refusé le rôle de victime. Ce qu’ils savaient, c’est qu’ils ne se quitteraient jamais… L’histoire tumultueuse d’un couple mythique par la cinéaste lyonnaise Diane Kurys, avec Marina Foïs et Roschdy Zem.