Billetterie

Sanjuro

de Akira Kurosawa

Neuf jeunes samouraïs épris de justice tentent de mettre de l’ordre dans une sombre affaire de corruption. Ils vont pour cela solliciter les services d’un samouraï débonnaire, hirsute, ironique mais efficace… Après le succès de Yojimbo, la production réclame une suite, d’abord promise à un autre cinéaste. C’est finalement Kurosawa qui reprend son héros Sanjuro et son acteur fétiche, Toshiro Mifune. L’histoire d’une initiation de jeunes samouraïs naïfs par un maître non-conformiste, celle aussi de l’alliance entre deux générations, et d’un jeu d’apparences (un guerrier derrière des allures de paysan vagabond, un maître d’armes combattant davantage avec son cerveau de stratège). De nouveau, le bushido est largement mis à mal dans ce qui apparaît comme une parodie de films de sabre. Grâce à des scènes de comédie, Kurosawa transforme un genre qui met d’habitude en avant la violence et l’honneur. Avec Sanjuro, le réalisateur entreprend de démythifier ce genre héroïque, et point culminant, « le justicier de Yojimbo, cette force de la nature, est invité par une dame à remettre l’épée dans son fourreau, et à apprendre à communiquer par les fleurs. Voir le héros Mifune emplir son giron de camélias a dû provoquer chez les Japonais un effet pour le moins étrange ; un peu comme si on avait montré aux Américains John Wayne en train de faire du jardinage. Ce que Ford n’a jamais osé, Kurosawa, lui, l’a fait. » (Aldo Tassone, Akira Kurosawa, Edilig)

(Tsubaki sanjuro, Japon, 1962, 1h36, N&B, avec Toshiro Mifune, Tatsuya Nakadai, Yuzo Kayama, Akihiko Hirata, Keiju Kobayashi)

Présenté en version restaurée inédite, en avant-première de sa ressortie en salles à l’automne 2016 par Carlotta Films.

 

Di 6/03 à 14h30 - Me 6/04 à 18h45


SANJURO-import

Le genre du "chambara"

Avec Sanjuro, Kurosawa signe un "chambara" semi-parodique où les prémices du western spaghetti se font ressentir. Dans l’histoire du film de genre, celui du chambara est un maillon essentiel. Dans la migration effectuée par le récit social classique que représente le western, le chambara vient après John Ford et repart chez Sergio Leone. Dans les trois cas, une universalité de questionnement sur l’adhésion de l’individu à sa société, son rapport à la règle et sa fierté. Des trafics d’influences facilités par la flamboyance visuelle de ces films, tous cadrés en format CinémaScope. Dans Sanjuro, Kurosawa reste fidèle à ce personnage de samouraï mercenaire et de justicier solitaire puisé dans la littérature de Shugoro Yamamoto, romancier qui lui inspirera plus tard Barberousse et Dodes’kaden.

 

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