Billetterie

Un enfant attend

A Child Is Waiting

de John Cassavetes , États-Unis , 1963

Jean Harlan (Judy Garland), professeur de musique, propose ses services à l’institution pour enfants autistes du docteur Clark (Burt Lancaster). Très vite, elle s’attache au jeune Reuben (Bruce Ritchey), un garçon isolé, abandonné par ses parents. Passant outre l’interdiction du docteur Clark, Jean décide de réunir Reuben et sa famille.

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Troisième film de John Cassavetes, réalisé en 1962, Un enfant attend demeurera longtemps un intermède oublié du cinéaste.

Après Shadows, tourné en complète indépendance, Cassavetes avait été son propre producteur à la Paramount pour Too Late Blues. Ici, chez United Artists, il doit composer avec le tout-puissant producteur Stanley Kramer, qui remaniera largement le film, que le réalisateur désavouera totalement. Le producer's cut n’empêchera pas Un enfant attend d’essuyer un échec commercial, et fermera définitivement les portes des studios à Cassavetes.

Si le film échappe au cinéaste, il reste, à bien des égards, plus personnel qu’il n’y paraît. Sous le vernis du mélodrame hollywoodien, se devine encore l’empreinte du réalisateur. Alors que Kramer entraîne l’œuvre vers le film à thèse, Cassavetes s’attache à redéfinir les limites de la normalité.

Avec pudeur et distance, le cinéaste s’introduit dans cette institution pour enfants. Tandis que Reuben est campé par un jeune acteur, ses camarades sont sélectionnés parmi les petits pensionnaires d’un hôpital californien. Échappant au documentaire clinique, Un enfant attend raconte l’opposition de deux adultes dont les méthodes diffèrent.

Sous sa facture encore classique, le film est un plaidoyer émouvant en faveur du droit à la différence, thème récurrent de l'œuvre future de Cassavetes.

«Cette maison d’enfants apparaît comme le lieu originel des psychodrames futurs : déjà on a affaire à des corps muets, qui ne peuvent s’exprimer que par l’autisme ou l’hystérie […]. Là ou Kramer impose un plaidoyer convenu sur la tolérance, Cassavetes fait glisser plus insidieusement les frontières de la normalité : sous son regard, tous ces gamins préfigurent les grands enfants de Faces, ou de Love Streams, dans leur refus du masque social, dans leur ténacité à réinventer les règles du jeu.» (Noël Herpe, Libération, 13 mai 1998)

 

Je 9/11 à 21h (PROJECTION A LA VILLA LUMIERE) - Sa 11/11 à 18h30

 

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