Billetterie

Tucker : L'Homme et son rêve

Tucker: The Man and His Dream

de Francis Ford Coppola , États-Unis , 1988

Me 30/10 à 21h – Sa 2/11 à 20h30 – Sa 9/11 à 21h

1948. Preston Tucker (Jeff Bridges), ingénieur visionnaire, a conçu une automobile révolutionnaire qui préfigure toutes les grandes améliorations que connaîtront les voitures durant les décennies suivantes. Tucker possède un enthousiasme sans limite, une foi inébranlable dans le "rêve américain", une famille prête à le soutenir dans toutes les épreuves, quelques collaborateurs dévoués et un sens inné de la publicité. Il n’a ni financier, ni usine, ni soutien politique et se lance pourtant à l’assaut des "Big Three" de Detroit : Ford, General Motors et Chrysler.

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« For Gio, who loved cars.» De nouveau, le film de Francis Ford Coppola est une affaire familiale. Dédié à son fils, Tucker est un projet ancien. Le père du cinéaste, Carmine Coppola, avait souscrit à l’époque pour l’automobile révolutionnaire créée par Preston Tucker. La livraison n’eut jamais lieu et ses cinq mille dollars s’évaporèrent. Mais depuis, le cinéaste (ainsi que George Lucas, producteur du film) est devenu propriétaire de deux exemplaires sur la cinquantaine réellement produits.

Il envisageait tout d’abord son film comme une satire à la Orson Welles, puis comme une comédie musicale. Finalement, il décide de s’inscrire dans la lignée des films sociaux des années 30 et 40 : « C’est une histoire à la Capra, l’histoire d’un Américain ordinaire, un type sympathique, qui tente d’accomplir son rêve malgré la pieuvre imbécile et sans cœur qui finira par ruiner l’économie américaine. » (Francis Ford Coppola)

Dans une palette de couleurs intenses, proches de celles des photos du magazine Life, ce portrait d’un bricoleur de génie, personnage hors du commun qui défie les grands de l'automobile, est aussi en creux une critique de cette Amérique d’après-guerre où les petits inventeurs, presque des artisans, sont écrasés par une industrie gigantesque. L’heure est au triomphe de l’idéologie "business school" et de la publicité. Ici, David ne fait pas le poids contre Goliath. Le lien est rapidement fait entre Preston Tucker et Coppola et la mésaventure de ses studios. Mais comme le souligne le critique Alain Caron, ce serait trop réducteur : « On peut voir en Tucker une métaphore autobiographique sur l’itinéraire de Francis Ford Coppola. La création des studios Zoetrope fut, elle aussi, un combat d’un groupe d’individus aux idées chimériques contre des monopoles aux aspirations frileuses. On peut gloser à l’envi et tout interpréter à travers une grille de lecture. Mais c’est oublier l’euphorie que suscite le film, la joie candide du spectateur et l’espoir d’un capitalisme éclairé. » (Jeune Cinéma n°193, février 1989)

 

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