Billetterie

Sans toit ni loi

de Agnès Varda

Une jeune fille est trouvée morte de froid : c’est un fait d’hiver. Une platanologue qui la prend en stop, un berger philosophe, un ouvrier tunisien très  pauvre  et  généreux, une  domestique jalouse, un garagiste qui la méprise... Tous nous révèlent un peu de ce qu’ils ont compris de cette vagabonde, mais la renvoient à sa solitude. Elle tient le coup, se fout de tout et de tout le monde. Sa vie c’est marcher, lutter pour sa  survie contre le froid et la faim…

Agnès Varda : « L’errance  et  la  saleté  sont  des  sujets  qui  me  fascinent.  Quand  je  préparais  le  film,  j’avais  bien  noté  que  les  vagabonds étaient de plus en plus jeunes. C’est dans les années 1980 que sont apparues sur les routes et sous les porches de très jeunes filles, non pas perdues, mais décidées à vivre leur liberté de façon sauvage et solitaire. J’en ai rencontré plusieurs. Au cours de mes repérages, j’ai pris en stop une jeune kabyle, qui m’a raconté la façon dont elle vivait au jour le jour. Je l’ai perdue de vue, puis retrouvée à Nîmes et je lui ai même acheté ses anecdotes et informations qui ont nettement enrichi le personnage de Mona. Elle savait que l'odeur des vagabonds – plus que leur pauvreté – les met à l'écart de la société, qui valorise la propreté, mais elle s’en moquait. En 1984, les clochards étaient une catégorie codifiée mais les « routards » n’étaient nommés S.D.F. (Sans Domicile Fixe) que par la police. Ce n’est que plus tard qu’ils sont devenus un problème de société dont on parle. À cette époque, l’Armée du Salut existait discrètement et les couvents offraient de la soupe à ceux qui venaient sonner, mais l’Abbé Pierre n’avait pas refait surface, Coluche n’avait pas inventé « les Restos du Cœur » et les magazines parlaient d’autre chose. C’est sans doute pourquoi, quand le film est sorti début décembre 1985, il a surpris et a attiré tant de public (1.100.000 entrées en France). Le « Lion d’Or » gagné au Festival de Venise faisait son petit effet, mais c’est surtout le sujet en corrélation avec le temps glacial de cet hiver-là et l’extraordinaire présence de Sandrine Bonnaire en Mona-peu-sympathique qui ont captivé le public. Ma façon de raconter sans doute aussi. Je voulais que le film soit rude, sans complaisance ni coquetteries. »

(Fr, 1985, 1h45, coul, avec Sandrine Bonnaire, Macha Méril, Stéphane Freiss, Yolande Moreau)

Ve 23/09 à 19h - Di 25/09 à 14h30


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Les synopsis sont issues pour la plupart de Varda par Agnès d’Agnès Varda (Cahiers du cinéma et Ciné-Tamaris, 1994) et du site de Ciné-Tamaris, société de distribution, de production et d’édition vidéo d’Agnès Varda

 

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