Billetterie

Rusty James

Rumble Fish

de Francis Ford Coppola , États-Unis , 1983

Ma 29/10 à 21h – Je 31/10 à 21h – Di 10/11 à 17h

Rusty James (Matt Dillon) a 16 ans. Sa mère est partie vivre en Californie, et son père (Dennis Hopper), avocat au chômage, a depuis sombré dans l’alcool. Le héros de Rusty James, c’est son frère, Motorcycle Boy (Mickey Rourke). C'était un chef de bande respecté, organisateur de mémorables bagarres collectives. Et puis, un jour, il a disparu. Rusty James vit dans le culte de ce « prince en exil ». Rêvant de l’égaler, il accepte le défi proposé par son rival Bill Wilcox (Glenn Withrow).

RUSTY-JAMES-bis

 

Lorsqu’il travaille sur The Outsiders, Francis Ford Coppola souhaite déjà adapter un autre roman de Susan Eloise Hinton, Rumble Fish. Il profite des heures de liberté que lui laisse le tournage pour écrire, en compagnie de son auteure, le scénario de Rusty James. Il tourne dans la foulée dans la même ville (Tulsa) et avec la même équipe. Un esprit de troupe naît alors sur le plateau, un bonheur pour Coppola.

Le cinéaste dédie Rusty James à son frère aîné August, son « plus grand professeur », pour lui, une influence majeure. Rusty James est en quête d’identité : il ne veut surtout pas ressembler à son père et rêve d’être à la hauteur de son frère, qui, même absent, reste le maître de toute la ville. Des années plus tard, Coppola traitera de nouveau du lien fraternel avec Tetro.

Rusty James est fascinant. Coppola voulait en faire un « film d’art expérimental pour ado ». L’histoire, perçue par Motorcycle Boy, daltonien et à moitié sourd, est filmée dans un noir & blanc ultra stylisé, dont les ombres peintes sur les murs rappellent l’expressionnisme allemand. Le découpage est vif, le travail sur la bande son de Stewart Copeland (batteur du groupe Police), exemplaire.

Et puis il y a ce duo d’acteurs. Matt Dillon, à peine 20 ans, très "physique". Mais surtout Mickey Rourke, mutique et charismatique, héritier direct du Brando de L’Équipée sauvage de Laslo Benedek, personnage shakespearien en exil dans son propre royaume. Revu plus de trente-cinq ans après, Rusty James porte plus que jamais la nostalgie de la jeunesse perdue.

« Comme [La Fureur de vivre] de Ray, Rusty James est un grand poème lyrique et tragique sur l’adolescence, un autel dressé à une période charnière et fantasmée de la vie, entre fin de l’innocence et découverte brutale du monde des adultes. […] Rien ne peut arrêter les expérimentations de Coppola : brèves occurrences colorées – des poissons rouges, verts ou bleus traversent nonchalamment le cadre –, jeux d’ombres expressionnistes, angles obliques, plans très composés font de Rusty James un petit diamant, qui doit autant à Abel Gance qu’à Orson Welles. » (Murielle Joudet, Le Monde, 8 février 2017)

 

Ce site nécessite l'utilisation d'un navigateur internet plus récent. Merci de mettre à jour votre navigateur Internet Explorer vers une version plus récente ou de télécharger Mozilla Firefox. :
http://www.mozilla.org/fr/firefox