Billetterie

Quai des orfèvres

de Henri-Georges Clouzot , France , 1947

Veille de Noël. Jenny Lamour (Suzy Delair), jolie chanteuse de cabaret, rêve de décrocher le contrat qui fera d’elle une vedette. Un jour, elle accepte l’invitation à dîner de Brugnon (Charles Dullin), vieil homme d’affaires libidineux, qui doit lui présenter un metteur en scène. Découvrant ce rendez-vous, Maurice (Bernard Blier), son mari, aimant et jaloux, décide de se rendre chez Brugnon. Ce soir-là, le vieil homme est retrouvé mort. L’inspecteur Antoine (Louis Jouvet) est chargé de l’enquête.

Quai-des-orfevres

 

Après deux années d’interdiction de tourner, Henri-Georges Clouzot retrouve le chemin des studios avec Quai des orfèvres, initialement  intitulé Joyeux Noël. Pour son retour, le cinéaste adapte de nouveau un roman de Stanislas-André Steeman. Légitime défense est alors indisponible en librairie ; le cinéaste et son scénariste Jean Ferry l’adapteront à partir des bribes de souvenirs de Clouzot, en attendant de se procurer l’ouvrage… Une fois celui-ci en main, Clouzot se dira « C’est drôle, ça n’a aucun rapport… » (préface de La Nuit du 12 au 13, Stanislas-André Steeman, Gallimard).

L’heure de la réhabilitation a sonné. Dans un Paris reconstruit en partie en studio (superbes décors de Max Douy), Clouzot décrit une  faune pittoresque, des milieux interlopes, saisis dans l’atmosphère collante d’une neige de décembre.

La maîtrise du récit est totale, aucun personnage, aucune réplique ne sont inutiles. L’histoire criminelle est tenue de bout en bout, servie par des personnages et des dialogues ciselés (et des acteurs parfaitement dirigés), faisant découvrir une humanité un peu sordide mais fondamentalement attachante. Incroyable maîtrise, profonde noirceur.

« Ce style, cette maîtrise avec laquelle Clouzot a travaillé cette matière "romanesque" ne révèle pas seulement un virtuose du langage cinématographique. Clouzot n’est pas seulement un réalisateur. C’est un créateur qui accompagne son idée initiale, la conçoit en plans, en mots, en actions. S’il impose au film sa griffe et son climat, c’est parce qu’il sait où finir son chapitre, où mettre ses virgules, c’est qu’il "pense" son film comme un romancier pense son roman avant de l’écrire. » (Jean Desternes, Combat, s.d.). Avec ce film qu’il a voulu comme «un film criminaliste et non policier», auréolé du Grand Prix international de la mise en scène à Venise, le retour de Clouzot est triomphal.

 

Me 1/11 à 20h30 - Di 5/11 à 14h30

 

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