Billetterie

Nous sommes tous des assassins

de André Cayatte , 1952

Sa 26/10 à 18h15 - Ve 8/11 à 16h30 - Di 10/11 à 14h30 - Me 13/11 à 21h

René Le Guen (Marcel Mouloudji) est un jeune dévoyé, sans instruction, sans métier, à qui personne ne s’est jamais intéressé. Pendant l’Occupation, il est amené à transporter le corps d’un soldat allemand assassiné. Le hasard le met alors en rapport avec la Résistance : il tuera ainsi, sur ordre, Allemands et Français. La guerre terminée, Le Guen continue de tuer pour son propre compte. Arrêté, il est condamné à mort. Il se retrouve alors en cellule avec trois autres hommes (Antoine Balpêtré, Raymond Pellegrin, Julien Verdier), également en attente de leur exécution.

NOUS-SOMMES-TOUS-DES-ASSASSINS

 

Une censure implicite (le sujet restant judiciairement interdit) l'empêchant toujours de réaliser son film sur l’affaire Seznec, André Cayatte poursuit son travail sur la justice française. Pour ce nouvel opus, il s’attaque à la question de la peine de mort.

Nous sommes tous des assassins est un film courageux. Près de trente ans avant la plaidoirie de Robert Badinter dans l’affaire Patrick Henry, en 1977, et l’abolition de la peine de mort, en 1981, Cayatte nous interroge déjà : la peine capitale, souvent justifiée comme étant exemplaire, est-elle réellement un moyen de lutter contre la délinquance ? Les quatre meurtriers ici dépeints ont tous croisé le chemin de Cayatte-avocat. Ils ont tué par passion, folie, sens de l’honneur. Le personnage de René Le Guen, très justement campé par Mouloudji, n’a jamais eu conscience de ses actes. C’est un jeune adulte, presque encore un adolescent, irresponsable, un gamin sans éducation. Sa violence naturelle a servi la Résistance par accident. Mais que se passe-t-il après la Libération ?

Cayatte, vindicatif, fait surtout ici le procès en creux de l’inégalité sociale et de la responsabilité collective. Fervent plaidoyer contre la peine de mort comme machine à tuer institutionnelle, le film prendra une place importante dans la bataille des idées. Au point que la critique changera son fusil d’épaule : le cinéaste ne sera plus attaqué sur ses idées mais désormais sur sa prétendue "absence" de style cinématographique. Nous sommes tous des assassins obtiendra cependant le Prix spécial du Jury au Festival de Cannes en 1952.

Le condamné qui inspira le personnage de Le Guen sera gracié par le président de la République, Vincent Auriol, et selon le cinéaste, en partie grâce à son film. « Je crois beaucoup à la contagion des idées, et en particulier par le cinéma, et si je n’avais pas fait les films que j’ai faits, je n’aurais pas été satisfait de moi : parce qu’avoir à sa disposition cet extraordinaire moyen d’expression, ce levier prodigieux qu’est le cinéma et raconter des histoires de cocus sous le Second Empire, ce n’est vraiment pas la peine ! Ma conception du cinéma et de la vie me fait penser qu’en tant qu’artiste, j’ai certaines responsabilités. » (in Guy Braucourt, André Cayatte, Seghers)

 

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