Billetterie

Moonrise

de Frank Borzage , États-Unis , 1948

Me 30/10 à 17h – Ma 12/11 à 19h

1932, en Virginie. Un condamné à mort est pendu. Plus tard, son fils, Danny Hawkins (Dane Clark), est haï par les villageois, une haine qui le poursuit jusqu'à l'âge adulte. Un jour, alors qu'il danse avec Gilly Johnson (Gail Russell) l’institutrice du village, Jerry Sykes (Lloyd Bridges), depuis toujours son plus grand harceleur, lui interdit de fréquenter la jeune femme. Une bagarre éclate. Danny se défend et tue Jerry. Paniqué, il cache le corps.

FILS DU PENDU 1948 01

 

Le roman Moonrise de Theodore Strauss, d’abord publié en feuilleton, eut un tel succès que les maisons de production se bagarrèrent pour en acheter les droits. Et c’est à Frank Borzage qu’en fut confiée l’adaptation. Le réalisateur, auteur de plusieurs chefs-d'œuvre durant les années 20 et 30 (L'Heure suprême, La Femme au corbeau, Ceux de la zone, Trois camarades) récompensé par plusieurs Oscars, est alors dans une période moins fertile et les scénarios qu'on lui confie moins percutants. Moonrise est l'occasion pour lui de prouver qu'il n'appartient pas seulement à l'âge d'or hollywoodien.

Moonrise est un film profondément humaniste, affichant haut et fort son opposition à la peine de mort. Il s’ouvre sur une scène glaçante : l’ombre d’un pantin plane sur le berceau d’un bébé, tel son père gisant au bout d’une potence, marquant le nouveau-né au sceau du destin. "Le fils du pendu", comme il est surnommé, grandit au milieu des sarcasmes et des moqueries. Il doit sans cesse se battre pour se faire respecter. Constamment inquiet, il bascule dans la psychose et l’autodestruction lorsqu’il commet l’irréparable.

Pour cette plongée dans l’univers mental tourmenté de Danny Hawkins, Frank Borzage s'appuie sur la photo de John L. Russell, qui vient de signer les images du Macbeth d’Orson Welles. Oppressante, presque claustrophobe, jouant d'angles étranges et de la profondeur de champ, elle s’inspire des ombres et lumières des œuvres muettes du cinéaste.

Ce mélodrame très noir cache une critique sociale acide. Disséquant les machines infernales de la persécution et de la culpabilité, Moonrise nie clairement tout déterminisme. « À l’opposé du "film noir" classique qui pose sa descente aux enfers en constat, comme une mise à nu tenant sa justification en elle-même, Moonrise est entièrement conçu en fonction d’une guérison potentielle, d’un itinéraire initiatique qui passe par le retour aux origines. » (Hervé Dumont, Frank Borzage, un romantique à Hollywood, Actes Sud / Institut Lumière)

 

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