Billetterie

Le Train sifflera trois fois

High Noon

de Fred Zinnemann , États-Unis , 1952

Le jour de son mariage avec la jeune Amy (Grace Kelly), Will Kane (Gary Cooper), shérif retraité de Hadleyville, apprend l’arrivée d’un bandit dans la paisible bourgade de l’Ouest. Frank Miller (Ian MacDonald), à peine libéré, revient pour se venger. Le devoir appelle Will Kane, qui renonce à quitter la ville avec son épouse. Ne trouvant aucune aide auprès des habitants de Hadleyville, il affrontera seul le danger.

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Alors que la « chasse aux sorcières » sévit à Hollywood, Carl Foreman écrit le scénario du Train sifflera trois fois pour le producteur Stanley Kramer. Le scénariste s’inspire largement du climat de délation et de peur qui s’est abattu sur les studios. Pendant le tournage du film, il recevra un petit papier rose, l’appelant à comparaître devant la Commission des activités anti-américaines. Peu de temps après, Carl Foreman est inscrit sur la tristement célèbre liste noire hollywoodienne.

La grande originalité de ce western moderne allégorique repose sur son dispositif narratif, qui fait coïncider temps de l’intrigue et temps réel. L’action, resserrée à l’extrême, se déroule en moins d’une heure et demie, entre 10h30 et 12h. Le suspens s’en trouve renforcé. Durant ce court délai, Will Kane, en quête de soutien, réalisera qu’il ne peut compter que sur lui-même. Collègues, voisins, sa fiancée même, se défilent un à un, par lâcheté ou par calcul. Grâce à un ingénieux mouvement de grue, Zinnemann isole le personnage, qui apparaît tout à coup seul, au milieu de la rue, dans toute sa vulnérabilité.

D’abord proposé à Henry Fonda et Gregory Peck, qui le déclinent, le rôle-titre est finalement confié à Gary Cooper. Enthousiaste, l’acteur renonce aux trois quarts de son cachet pour pouvoir camper l’ancien shérif. Un instinct qui sera  récompensé puisque Cooper remportera un Oscar pour son interprétation.

« Unité de temps, de lieu, d’action ; style très dépouillé, pas une fioriture, pas de pittoresque, tout concourt à faire de High Noon une manière de chef-d’œuvre, une sorte de tragédie classique où le poids d’une fatalité envoûtante pèse sur chaque seconde d’un récit qui dure exactement son temps réel. […] Les coups de feu claquent à midi dans le soleil pendant quelques secondes, et bientôt, sans lyrisme extérieur, sans héroïsme spectaculaire, sans agonie théâtrale, sans cavalcade, tout est fini, le rideau tombe. La chute elle-même […] est, par sa rapidité et sa poignante simplicité, d’une insolite grandeur. » (Jacques Doniol-Valcroze, Cahiers du cinéma n°16, octobre 1952)

 

Me 1er/11 à 18h30 - Sa 4/11 à 18h30

 

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