Billetterie

Le Dossier noir

de André Cayatte , France , 1955

Ve 25/10 à 16h45 – Lu 11/11 à 21h

Dans une sous-préfecture, alors que l’on enterre un juge d’instruction, son jeune remplaçant débarque à la gare. Le juge Arnaud (Jean-Marc Bory) se plonge dans les dossiers laissés par son prédécesseur. Il découvre qu’un conseiller municipal aurait réuni un dossier noir sur le baron local, Boussard (Paul Frankeur), un riche entrepreneur. Mais le conseiller est mort subitement. Le corps est exhumé…

DOSSIER-NOIR

 

« Si les gens de cinéma prennent Cayatte pour un avocat, les gens de robe le prennent pour un cinéaste. André Cayatte serait-il un traître ? » (Arts, 25 mai 1955). François Truffaut a la dent dure, Cayatte en fait les frais. Le critique (bientôt cinéaste) n’est pas le seul à blâmer l’auteur du Dossier noir. Présenté à Cannes, le film bénéficia d’un accueil glacial. On crie à la censure. Un spectateur conclut cependant : « Un film qui fait crier "censure" est de toute façon un bon film ». Alors ?

Avec Justice est faite, Cayatte s’attelait au mécanisme du verdict. Dans Nous sommes tous des assassins, à l’application des peines. La troisième phase de l’action judiciaire, l’instruction, aurait dû être traitée avec l’affaire Seznec… C’est Le Dossier noir qui conclura le cycle.

Film pamphlet, il s’attaque aux institutions, aux moyens minables accordés à la justice et à ses rapports avec la police. Cayatte instruit à charge : il dénonce la mainmise du pouvoir économique, les abus de pouvoir des policiers (qui réussissent à faire avouer à différents coupables un meurtre qui n'est pas prouvé). Cayatte persiste dans ce qui a fait son style, sa réputation.

Mais il s’agit aussi du journal d’un juge de province, jeune, inexpérimenté, mais persévérant. On l’appelle le « petit juge », et on aura sa peau. « Au départ, je voulais avant tout renseigner le public sur ce personnage un peu mystérieux qu’est le juge d’instruction. Personnage en principe tout-puissant, dont le rôle capital est de faire surgir la lumière au milieu d’un fatras de mensonges, de contradictions, de témoignages erronés ou absurdes. Mais à mesure que le scénario se développait, je me suis aperçu que l’homme que j’avais choisi pour symboliser cet aspect de la magistrature m’intéressait plus que sa fonction et que c’était son drame personnel que j’étais en train de raconter. […] De telle sorte que LeDossier noir, qui devait illustrer une thèse générale, devint peu à peu le récit d’un cas particulier. » (André Cayatte, Le Monde, 11 mai 1955)

 

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