Billetterie

Le Corbeau

de Henri-Georges Clouzot , France , 1943

Saint-Robin est une petite ville de province comme une autre. Jusqu’au jour où un déluge de lettres anonymes s’abat sur ses habitants. Signées « Le Corbeau », elles ciblent les notables, un à un, et particulièrement le docteur Germain (Pierre Fresnay), accusé d’être un avorteur et l’amant de la femme de son collègue, le docteur Vorzet (Pierre Larquey).

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Second long métrage de Clouzot, Le Corbeau est considéré par beaucoup comme son chef-d’œuvre et l’un des grands classiques du cinéma français.

Inspiré d’un fait divers des années 1920, Le Corbeau dresse le portrait d’une France profonde, d’une bourgeoise provinciale, malveillante et hypocrite. C'est une peinture naturaliste de personnages veules, avec leur lot d’infirmités physiques, de tares psychologiques. L’atmosphère y est étouffante, d’une noirceur infinie ; Clouzot se révèle cinéaste de la cruauté. Le poison est partout, on nage dans les secrets rances et la frustration. Le réalisateur mène une entreprise de démolition de chacun des personnages, dévoilant leur part d’ombre et de noirceur.

Les analogies avec la collaboration, la délation et les heures sombres de la France sont évidentes. Le Corbeau gêne tout le monde : la Continental, maison de production aux capitaux allemands, qui ne le distribuera pas en Allemagne, et la France résistante qui le considère comme propagande antifrançaise. À la Libération, le film devient une affaire d’État. Partisans et détracteurs s’affrontent par presse interposée. Tête de file des accusateurs, Georges Sadoul, qui écrit « [Le Corbeau fut] un film qui consentit à représenter la France comme une nation pourrie, dégénérée, petite-bourgeoise, vicieuse et décadente, en correspondance avec les assertions de Mein Kampf (cité par Claude Gauteur, Clouzot critiqué, Séguier). Henri-Georges Clouzot et son scénariste Louis Chavance sont convoqués devant le Comité de moralisation du cinéma français : ils dénonçaient la collaboration, ils  passent pour des traîtres. Le Corbeau est banni, Clouzot est interdit de travail à vie. Ses défenseurs parviendront à faire réduire la peine à deux ans.

Parmi eux, Marcel Carné écrit : « Je suis contre toutes les censures, qu’elles soient d’ordre politique, moral, religieux ou policier… Tous ceux qui aujourd’hui, pour des mauvaises raisons, prétendent interdire Le Corbeau ne comprennent pas, dans leur imbécilité crasse, que leur interdiction même va à l’encontre de leur désir équivoque d’étouffer le film de Clouzot. » (Combat, octobre 1946).

 

Me 8/11 à 21h - Ve 10/11 à 19h

 

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