Billetterie

L’Appât

The Naked Spur

de Anthony Mann , États-Unis , 1953

Howard Kemp (James Stewart) se lance à la poursuite de Ben van der Groat (Robert Ryan), dont la tête est mise à prix. Sur sa route, il rencontre un vieux chercheur d’or et un ancien lieutenant à la morale douteuse. Avec leur aide, Howard capture le bandit et son amie, Lina Patch (Janet Leigh). Mais le prisonnier attise les conflits et les rivalités au sein du convoi.

APPAT-1953-05

 

Paysan déraciné et cupide, Howard Kemp ne vit plus que dans l’espoir de toucher la récompense qui lui permettra de racheter sa ferme. L’appât du gain, voilà ce qui réunit ce farmer méfiant et ses compagnons de fortune. Entre les hommes, des rapports à couteaux tirés se précisent. L’intrigue resserrée, concentrée autour de ces cinq personnages, prend des allures de huis clos. Mais un huis clos au grand air, tourné dans les vastes espaces du Colorado, aux abords d’un piton rocheux, le Naked Spur, qui inspirera au cinéaste sa scène finale et donnera son titre au film.

Les paysages de Mann ne sont pas les horizons déserts plébiscités par le western. Ils sont faits de montagnes escarpées, de torrents dévastateurs et de cimes enneigées. C’est un décor redoutable, hostile, plus dangereux encore que l’homme. Le cinéaste tisse des liens secrets entre les personnages et leur environnement. La nature y est plus vivante, plus vigoureuse que jamais, et les passions humaines, dans cet Ouest sauvage, se déchaînent avec d’autant plus de force.

La mise en scène est traversée ponctuellement d’éclairs de violence. Pour le critique André Bazin « contempler est en effet pour Anthony Mann le but ultime de la mise en scène du western. Non qu’il n’ait de goût pour l’action et sa violence, sa cruauté même. Il sait, au contraire, la faire éclater avec une soudaineté éblouissante, mais nous sentons bien qu’elle déchire la paix et qu’elle aspire à y retourner.» (André Bazin, Cahiers du cinéma n° 55, janvier 1956)

Parmi les cinq films du tandem James Stewart-Anthony Mann, L’Appât est, à bien des égards, l’un des plus accomplis. Loin de bouleverser les conventions du genre, le cinéaste les magnifie. Pour Bazin, c’est à Mann que le western doit quelques-uns de ses plus grands moments : «Qui veut savoir ce qu’est le vrai western et les qualités de mise en scène qu’il suppose […] ne peut en tout cas pas manquer de connaître le plus beau de tous : L’Appât.» (Qu’est-ce que le cinéma ?, André Bazin, éd. du Cerf) 

 

Ve 27/10 à 19h - Sa 28/10 à 18h45

 

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