Billetterie

Justice est faite

de André Cayatte , France , 1950

Di 27/10 à 14h30 – Ve 1er/11 à 17h – Je 7/11 à 17h Di 17/11 à 14h30

À Versailles, s’ouvre un procès en assises. Celui d'Elsa Ludenstein (Claude Nollier), docteur en médecine, qui a tué son amant. Elle dit avoir agi par amour, par pitié pour cet homme malade, incurable, et à sa demande. Pour l’accusation, son geste n’a été motivé que par l'intérêt, pour jouir d’un héritage important auprès d’un autre. Six hommes (Jean Debucourt, Marcel Pérès, Jacques Castelot, Jean-Pierre Grenier, Raymond Bussières, Noël Roquevert) et une femme (Valentine Tessier) vont devoir la juger, en leur « âme et conscience ».

JUSTICE-EST-FAITE

 

Alors qu’il est encore avocat, André Cayatte collabore avec un confrère chargé de défendre un journal œuvrant pour la révision du procès Seznec. Il se forge très rapidement une conviction sur l’affaire : pour lui, il y a eu des irrégularités dans l’enquête et Seznec, condamné au bagne, est innocent. Dès 1932, il a pour projet de réaliser un film sur cette affaire et en écrit le scénario. Mais il est confronté à de nombreuses difficultés, et aucun producteur ne veut s’engager sur le film. Finalement, le tournage est enfin annoncé pour avril 1950. Mais directement suspendu… André Cayatte décide alors de tourner Justice est faite.

Premier volet de ce qu’on appellera par la suite le "cycle judiciaire" (suivront Nous sommes tous des assassins, Avant le déluge et Le Dossier noir), le film mène le procès de la justice par un homme qui en connaît parfaitement les rouages. « Justice est faite révèle au public l’escamotage de la justice populaire. J’ai cherché à accuser l’hypocrisie du régime actuel. Une loi de Vichy soumet les jurés à la pression des magistrats. Il faut s’entendre : frustrer le peuple de son droit à se prononcer en matière d’assises, ou le lui rendre entièrement. » (André Cayatte, L’Écran français, 25 septembre 1950). Le cinéaste filme un procès en assises où les jurés, alors qu’ils devraient juger en leur âme et conscience, voient finalement leurs préoccupations personnelles les pousser à prendre une décision subjective.

Le film a un immense succès, mais si la presse salue unanimement le talent du réalisateur pour sa technique et sa direction d’acteurs, elle engage un débat sur le fond et sur la méthode de Cayatte pour défendre son propos. On s’interroge : à voir les jurés se prononcer en fonction de leurs expériences personnelles – et les professionnels à l’abri des passions humaines –, quelle serait la légitimité de la justice populaire ?

À partir de là, l’étiquette de « film à thèse » collera aux films de Cayatte, une étiquette qui longtemps mettra en rage le cinéaste. Il conteste : il expose, montre, donne à voir, mais ne conclut pas.

« Lorsqu’il revendiquera le titre d’"auteur", il n’aura pas tort. L’ancien avocat connaît les méandres de la loi et de la justice, le cinéaste a un véritable don pour les artifices dramatiques et les agencements romanesques de faits réels et vécus. Justice est faite reçoit le Grand Prix du Festival de Venise, qui consacre, en quelque sorte, le nouveau genre que Cayatte vient d’inventer. » (Jacques Siclier, Le Cinéma français, Ramsay)

 

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