Billetterie

In the Mood for Love

Faa yeung nin wa

de Wong Kar-wai , Hong Kong, Chine , 2000

Hong Kong, 1962. madame Chan (Maggie Cheung) loue une chambre chez madame Suen. Le même jour, sur le même palier, monsieur Chow (Tony Leung Chiu-wai) s’installe, lui, chez monsieur Koo. Tous deux emménagent sans l’aide de leurs conjoints, absents ce jour-là. La femme de M. Chow travaille à la réception d’un hôtel et le mari de Mme Chan est très souvent en voyage à l’étranger. Sans savoir comment tout cela a pu commencer, M. Chow et Mme Chan découvrent que leurs époux sont amants. Blessés, ils se fréquentent alors de plus en plus.

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Objet hypnotique, In the Mood for Love surgissait en 2000 au Festival de Cannes, dans une version work in progress. Le critique Pascal Mérigeau s’interrogeait alors : « Combien de films comme celui-ci voit-on dans une vie ? ». Peu, assurément.

Wong Kar-wai mettra deux ans à réaliser In the Mood for Love. Lorsqu’il commence le tournage, il n’a pas de script et regarde les rushs pour envisager la suite. Le tournage se prolonge : en tout, seize mois, durée exceptionnelle pour des acteurs stars comme Maggie Cheung et Tony Leung. Le résultat est captivant.

Des époux trahis par des conjoints invisibles se rapprochent pour tenter de comprendre comment tout cela a pu arriver. Ils répètent ensemble ce qu’ils diront à leurs conjoints quand ils oseront leur révéler ce qu’ils savent. Entre croisement, échange de politesse, frôlement, un sentiment trouble naît. « Nous ne serons jamais comme eux ». Point d’arrêt. Le traitement de cette histoire classique est unique.

Depuis Happy Together, Wong Kar-wai s’est assagi. Ses images sont moins électriques, plus douces, feutrées, teintées d’un rouge sublime. Avec sobriété et élégance, il filme langoureusement un pas de deux incertain. Les volutes de fumée des cigarettes de Tony Leung, les magnifiques robes de Maggie Cheung dans cet environnement modeste, les citations issues des œuvres de Leu Yee-chang remplaçant les habituelles voix-off, le saisissant langage corporel, relais du peu de dialogues, tout ici est d’un esthétisme envoûtant.

Travaillant son image, Wong Kar-wai signe des plans inoubliables : des silhouettes dans les embrasures de portes, des travellings latéraux entre deux appartements, des visages saisis de mélancolie, une ville vide, des escaliers, des personnages photographiés  au ralenti comme pour arrêter le temps qui mène vers une issue forcément malheureuse. Et, Tony Leung dans les temples d’Angkor Vat. Prolongeant sa recherche sur l’incommunicabilité des êtres, le passé, le souvenir et la solitude, le cinéaste, filmant deux personnages dans quelques lieux confinés, touche à l’épure.

Et il reste cet entêtant thème musical signé Shigeru Umebayashi pour un film japonais qui ne verra pas le jour. « Je savais que le film devait être comme une valse : deux personnes qui dansent ensemble lentement… » (Wong Kar-wai, Positif n°477, novembre 2000)

Di 5/11 à 16h30

 

 

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