Billetterie

Dracula

Bram Stoker’s Dracula

de Francis Ford Coppola , États-Unis , 1992

Di 27/10 à 18h45 – Lu 11/11 à 16h45 – Sa 16/11 à 20h45

1492. Les Turcs envahissent la Transylvanie, future Roumanie. L’un des seigneurs les plus redoutés, le comte Dracula (Gary Oldman), surnommé Vlad l’empaleur, part défendre la Sainte Église, laissant au château Elisabeta (Winona Ryder), son amour, sa seule raison de vivre. Une lettre mensongère annonce à la jeune femme que le comte est mort au combat et elle se suicide. À son retour, Dracula, ivre de douleur, abjure sa foi et en appelle à tous les pouvoirs pour retrouver celle qu’il aimait. On le retrouve à Londres, quatre siècles plus tard…

DRACULA

 

« Quand les plus grands renoncent au bien, ils deviennent les démons les plus redoutables. Avant sa chute, Satan était le meilleur des anges… Je souhaite que, derrière l’histoire, les gens découvrent la tradition historique et littéraire, qu’ils réalisent que le mythe a un aspect terriblement humain : le vampire a perdu son âme – c’est quelque chose qui peut arriver à chacun d’entre nous. » (Francis Ford Coppola). Lorsque Coppola décide de réaliser le scénario de James V. Hart que lui a proposé Winona Ryder, il veut rendre justice à ce personnage maintes fois porté à l’écran. Auteur caméléon se fondant à chaque fois dans un genre nouveau, il se plonge dans le roman de Bram Stocker qu’il veut adapter fidèlement (son titre original est significatif : Bram Stocker’s Dracula) et dans ses multiples adaptations, ainsi que dans l’art gothique et dans la vie artistique de la fin du XIXe siècle. Son Dracula constitue une sorte d’anthologie du cinéma fantastique de F.W. Murnau à Werner Herzog, de Tod Browning à la Hammer Films, accumulant les images du mythe pour en créer une nouvelle.

Avec le succès du Parrain III, les années 90 s’annonçaient à l’opposé de la décennie précédente : le triomphe de Dracula le confirme. Coppola signe un film opératique, démesuré, lyrique, romanesque, érotique. Cette histoire d’amour fou est une succession de tableaux où les costumes et décors, inspirés d’un répertoire fin-de-siècle (telle la robe-linceul qui pourrait être signée Klimt), flamboient comme un livre superbement illustré. Les costumes (œuvre de la designer Eiko Ishioka) ont été conçus comme des « éléments du décor portés par les comédiens ».

Comme un hommage au cinéma des premiers temps, contemporain de la publication en 1897 du Dracula de Stocker, Coppola et son fils Roman, responsable des effets visuels, mettent de côté le fameux « cinéma électronique » pour revenir aux trucages magiques à la Méliès. Caméra renversée, rétroprojection, effets de miroir : autant de trucs vieux comme le cinéma pour insuffler au film un malaise efficace.

Finalement, en s’emparant d’un mythe rebattu, Francis Ford Coppola impose sa patte et un de ses motifs récurrents : le temps qui passe. « Le Dracula de Coppola est le plus beau des personnages du genre, car il porte la notion du temps qui n’était pas vraiment abordée et traitée dans les autres films. Si l’on ne peut mourir, il faut continuer à être un non-mort, un existant sans vie, puni par un temps qui n’existe pas. C’est le sujet profond du film : l’amour total rend éternel.» (Jean Douchet, in Francis Ford Coppola, Capricci).

 

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