Billetterie

Baby Face

de Alfred E. Green , États-Unis , 1933

Je 24/10 à 19h – Sa 9/11 à 19h15

En pleine prohibition, Lily Powers (Barbara Stanwyck), dite "Baby Face", est serveuse dans un bar clandestin miteux d’une ville-usine. Elle vit seule avec son père, qui la force à coucher avec ses clients, rustres et brutaux. Il meurt lors de l’explosion de sa distillerie. Lily fuit alors vers New York aux côtés de son amie Chico (Theresa Harris). Elle est engagée dans une banque dont elle gravira les échelons en utilisant sans scrupule les hommes comme marchepied…

LILIANE

 

Lorsque la MGM sort La Femme aux cheveux rouges de Jack Conway, avec Jean Harlow, qualifié par une critique « film le plus dépravé jamais sorti d’Hollywood », la Warner souhaite rivaliser en produisant Baby Face. Dans ce film, tourné un an seulement avant l’instauration du code Hays, Barbara Stanwyck, resplendissante, et George Brent occupent les premiers rôles, et l’on remarque John Wayne, tout jeune, en second plan.

Lily est une victime, victime des hommes et d’un père indigne qui a abusé d’elle. Elle s’affranchit à la mort de ce dernier, appliquant ce qu’un grand lecteur de Nietzsche lui conseille : prendre conscience de sa force et éviter tout sentiment. C’est ainsi, emplie d'une farouche détermination et d'un profond dégoût pour les hommes, que Lily arrive à New York. Sortie de la misère, prête à tout pour réussir, elle se vengera d’une société patriarcale qui ignore toute morale, en utilisant les hommes comme des barreaux pour escalader l'échelle sociale. Alfred E. Green métaphorise les étages de l’immeuble de la société où travaille Lily pour illustrer son parcours jusqu’au sommet. Avec un humour irrésistible, elle effectue son ascension en un battement de cils, affirmant, d’étage en étage, son élévation sociale et son pouvoir sexuel.

Froide et tenace, Lily est un personnage provocateur et amoral, comme il en existe rarement, même dans le cinéma d'avant le Code. C'est assurément la raison pour laquelle le film fut censuré et révisé afin d'en lisser le propos. « C’est très moderne, très audacieux, renversant de drôlerie ; la censure se piqua de cette histoire après tout immorale et exigea des modifications. » (Heike Hurst, Jeune Cinéma n°300-301, décembre 2005)

Perdue jusqu’en 2004, la version primitive, non censurée, fut présentée au Festival du Film de Londres. Baby Face est enfin classé à sa juste place, parmi les cent meilleurs films de tous les temps, selon Time Magazine.

 

Ce site nécessite l'utilisation d'un navigateur internet plus récent. Merci de mettre à jour votre navigateur Internet Explorer vers une version plus récente ou de télécharger Mozilla Firefox. :
http://www.mozilla.org/fr/firefox