Billetterie

Avant le déluge

de André Cayatte , France , 1954

Ma 29/10 à 16h30 - Ma 5/11 à 21h - Je 14/11 à 16h30

Cinq jeunes amis, Daniel (Roger Coggio), Jean (Jacques Chabassol), Richard (Jacques Fayet), Philippe (Clément Thierry) et Liliane (Marina Vlady), ont grandi dans l’atmosphère inquiète de l’après-guerre. En cet hiver 1950, les événements de Corée font peser sur le monde une nouvelle menace. Ils rêvent, comme tous les adolescents, d’un monde meilleur, plus équitable. Ils élaborent alors le plan de l’évasion qui les conduira à leur rêve, une île du Pacifique. Pour cela, ils ont besoin d’argent et organisent un cambriolage : tout semble planifié…

Avant-le-deluge

 

Après de nombreux rebondissements et malgré l’autorisation délivrée après une entrevue avec le président Vincent Auriol en personne, le projet Seznec, que le cinéaste portait depuis deux décennies, est définitivement abandonné en 1954, suite à la mort de Guillaume Seznec qui devait jouer dans le film. Cayatte poursuit alors son incursion au sein de la machine judiciaire et signe Avant le déluge, inspiré de l’affaire des J3 de Melun.

Pris dans la psychose d’une nouvelle guerre mondiale et d’une menace nucléaire, un groupe d’adolescents décide de fuir. Ces enfants de bonne famille s’embarquent dans l'engrenage de la délinquance : vol, meurtre par accident, assassinat. Alors que le procès des garçons et de Liliane s’ouvre, ce sont finalement les parents qui se retrouvent sur le banc des accusés. Pour Cayatte, les jeunes criminels ne sont que le produit de leur éducation déficiente et de l'égoïsme social. À travers le crime antisémite perpétré par le fils d’un ancien collaborateur, Cayatte dénonce également les séquelles de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation.

Encore une fois, le film déroute. Avant le déluge échappe de justesse à la censure, mais est interdit à l’exportation et aux spectateurs de moins de 16 ans (Marina Vlady-Liliane ne peut pas se voir à l'écran). La critique est perplexe, parfois même embarrassée. On reproche à Cayatte l’imprécision de son discours, de ne porter à l’écran que des films à thèse, de pousser si loin ses arguments qu’il finit par desservir son propos. Pour Positif, « il reste, bien sûr, le courage de l’auteur. André Cayatte est l’homme que nous aimerions aimer » (n°13, mars-avril 1955). Finalement, André Bazin dans son célèbre article "La cybernétique d’André Cayatte" résume : « Si Avant le déluge a soulevé tant de haines, provoqué de telles indignations, s’il entretient encore de si sournoises manœuvres de la part des pharisiens, on aurait tort de croire qu’il ne le doit qu’à ses incidences sociales, morales ou politiques, en tant que telles. Celles-ci ne soulèvent tant d’objections qu’en raison de l’efficacité exceptionnelle de la mise en scène. Ce film bouleverse, il secoue le spectateur, le plonge dans un malaise violent et insolite. L’indifférence est impossible. » (Cahiers du cinéma n°36, juin 1954)

 

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