Rétrospective René Clément, du vendredi 3 février au dimanche 15 avril 2012 |
Hommage à un grand cinéaste français, auteur de plusieurs classiques du cinéma français, de Jeux interdits à Plein soleil, qui tourna avec les grands acteurs de son époque, Alain Delon en tête. René Clément (1913-1996) a parfois été injustement mésestimé, et reste quelque peu oublié aujourd’hui.
Cette rétrospective offre l’occasion de redécouvrir une oeuvre riche et passionnante, originale et engagée, d'un technicien hors pair et d'un metteur en scène inspiré, qui s'est sans cesse renouvelé.
Avec la collaboration des Archives françaises du film.

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Ve 3/02 à 19h SOIRÉE D’OUVERTURE
Sa 4/02 à 18h30 | Di 5/02 à 18h30 | Ma 7/02 à 21h
Plein Soleil
France/Italie, 1960, 1h56, Couleur
Avec Alain Delon, Maurice Ronet, Marie Laforêt, Elvire Popesco, Bill Kearns. Scénario de René Clément, Paul Gégauff d’après The Talented Mr. Ripley de Patricia Highsmith. Photographie d’Henri Decae. Musique de Nino Rota.
Tom Ripley est chargé par les parents de son ami Philippe de le ramener en France après qu’il s’est enfui en Italie. Les deux amis se retrouvent près de Naples. Mais Philippe refuse de rentrer. Sa compagne voit d’un mauvais oeil l’arrivée de Tom…
Luc Moullet (Cahiers du cinéma, 1960) : « Plein soleil est un film policier au sens le plus fort du terme. Ce qui nous intrigue, ce n’est pas la résolution d’une énigme
clairement définie, comme d’ordinaire, mais l’absence même des données du problème. Le suspense n’est plus uniquement intellectuel, il est concret. Ce qui inquiète ici, c’est l’image présente. Clément arrive à ce résultat grâce à sa propension naturelle à l’ésotérisme grâce aussi aux effets de la mise en scène, qui insiste sur l’insolite des teintes fortes, comme chez Hitchcock, grâce enfin aux ruses du script, le tout provoquant une sensation de délicieux inconfort, à peine troublée par la rupture finale. » Un film extraordinairement mené, inquiétant, avec trois acteurs au sommet, et aujourd’hui l’un des grands classiques du cinéma français. Le film influença de nombreux cinéastes, dont Roman Polanski pour son premier long métrage, Le Couteau dans l’eau (1962). En 1999, Anthony Minghella signera une autre adaptation de ce roman, Le Talentueux Mr. Ripley.
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COURTS MÉTRAGES - Me 8/02 à 19h
Courts métrages
La Symphonie française du travail (1937, 22min)
Au cours d’un voyage en train, évocation de l’industrie française et de la modernité du pays.
Chefs de demain (1942, 35min)
Des jeunes gens rejoignent un château qui abrite une école de cadres, où une vie collective rude et saine les attend, pour les transformer en futurs chefs...
Ceux du rail (1943, 17min)
Le quotidien de cheminots conduisant une une locomotive à vapeur…
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Je 9/02 à 21h | Di 12/02 à 18h30 | Ma 14/02 à 19h
Le Passager de la pluie
France/Italie, 1970, 1h54, Couleur
Avec Marlène Jobert, Charles Bronson, Annie Cordy, Jill Ireland, Jean Gaven, Garbiele Tinti, Corinne Marchand. Scénario de Sébastien Japrisot. Photographie d’Andreas Winding. Musique de Francis Lai. Décors de Pierre Guffroy.
Mellie, mariée à un pilote de ligne toujours absent, vit dans une maison isolée dans le Midi. Un jour, un inconnu la suit, la surprend chez elle et la viole. Elle tue son agresseur et se débarrasse du cadavre. Peu après, elle rencontre un mystérieux Américain qui l’accuse de meurtre…
Immense succès public et critique, le film est scénarisé par Sébastien Japrisot, avec qui René Clément travaillera de nouveau pour La Course du lièvre à travers les champs. Denitza Bantcheva : « Ce thriller inaugure une nouvelle veine dans l’oeuvre de Clément, le conte policier, qui a pour référence l’univers de Lewis Carroll. L’épigraphe du film suggère que Mellie est une version d’Alice. Ainsi annoncé, le récit qui suit est beaucoup plus complexe qu’une simple transposition, correspondant en fait à deux lignes de sens entrelacées, celle de l’intrigue proprement dite et celle des renvois à Alice, dont une grande partie tient à la mise en scène plus qu’au scénario. L’intérêt principal comme l’originalité majeure du film sont issus de sa mise en scène : de la stylisation visuelle et des autres procédés qui font passer l’onirique et le fantastique dans un récit ancré par ailleurs dans le réel, créant ainsi une atmosphère inédite et fascinante. »
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Me 15/02 à 19h | Ve 17/02 à 19h | Sa 18/02 à 18h45 I Di 19/02 à 16h45 | Je 23/02 à 19h
Quelle joie de vivre
Che gioia vivere, Italie/France, 1961, 1h58, N&B
Avec Alain Delon, Barbara Lass, Gino Cervi, Rina Morelli, Carlo Pisacane, Ugo Tognazzi. Scénario de René Clément, Leo Benvenuti, Piero de Bernardi d’après une idée de Gualtiero Jacopetti. Dialogues de Pierre Bost. Photographie d’Henri Decae. Musique de Francesco Angelo Lavagnino.
Rome, 1921. Ulysse et Turiddu, qui ont grandi ensemble dans un orphelinat, s’inscrivent au parti fasciste. La première mission qu’on leur confie conduit Ulysse à devenir apprenti à l’imprimerie Fossati. Il entre ainsi dans une famille d’anarchistes…
Denitza Bantcheva : « Quelle joie de vivre est le chef-d’oeuvre méconnu de Clément par excellence, n’ayant reçu la reconnaissance critique qu’il mérite ni à sa sortie, ni au cours des décennies suivantes. Le refus de toute doctrine associé au thème de la liberté confère au film une complexité, une originalité et un intérêt intellectuel qui en font l’un des plus grands films politiques de l’histoire du cinéma, doublé d’une fable qui ne saurait vieillir. » Cette comédie parfois désopilante traite, avec le plus grand talent, de la guerre et de la liberté, avec parfois des accents de gravité et de tendresse. René Clément : « Dans toute mon oeuvre, revient le thème de l’homme prisonnier de lui-même et de la société. Profitant de cette histoire, je pose ici la question : qu’est-ce que la liberté ? Que faisons-nous pour elle, nous qui la désirons tant ? » Le cinéaste s’entoure une nouvelle fois d’acteurs fabuleux, avec en tête Alain Delon à qui il confie un rôle radicalement opposé à celui de Plein soleil.
Voir la bande annonce du film
Film présenté en copie neuve, dans la version italienne, inédite en France. Elle offre un montage qui diffère par endroits de celui de la version française. Le sous-titrage a été rédigé de manière à rester au plus près des dialogues originaux de Pierre Bost.
Film présenté en avant-première de sa ressortie en salles.
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Sa 18/02 à 16h30 | Di 19/02 à 14h30 I Di 26/02 à 14h30
Gervaise
France, 1956, 1h55, N&B
Avec Maria Schell, François Périer, Suzy Delair, Armand Mestral, Jacques Harden, Lucien Hubert. Scénario de Jean Aurenche et Pierre Bost d’après L’Assomoir d’Emile Zola. Photographie de Robert Juillard. Musique de Georges Auric. Textes des chansons de Raymond Queneau.
Paris, milieu du XIXe siècle. Lantier quitte la petite Gervaise, dont il a deux enfants, pour une fille de la Goutte d’Or. La soeur de cette dernière vient narguer Gervaise au lavoir, qui la frappe en retour. Peu après, Gervaise épouse Coupeau, et poursuit son rêve d’ouvrir une blanchisserie…
Jacques Siclier : « En 1956, Jean Aurenche et Pierre Bost, les scénaristes de la "qualité française", adaptent pour René Clément, L’Assomoir, roman de Zola appartenant à la série des Rougon-Macquart. Ils en conservent tous les épisodes caractéristiques à la lecture, jusqu’au dîner d’anniversaire, et resserrent ensuite l’action autour de Gervaise, victime de ses faiblesses sentimentales et de la contagion du milieu où elle est plongée. La minutieuse reconstitution d’un quartier prolétaire sous le Second Empire est fidèle à l’optique naturaliste, soutenue sans faiblir par la mise en scène de René Clément, grand cinéaste du déterminisme social. Maria Schell est humainement bouleversante dans cette étude de moeurs d’une noirceur sans espoir. Et l’on ne peut qu’admirer les compositions de Suzy Delair, autre vedette féminine, de Jany Holt et sa sèche méchanceté, de tous les acteurs, jusqu’aux petits rôles. »
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Me 22/02 à 21h | Ve 24/02 à 19h | Sa 25/02 à 18h30
Les Maudits
France, 1946, 1h45, N&B
Avec Henri Vidal, Michel Auclair, Jo Dest, Kurt Kronefeld, Fosco Giachetti. Scénario de Jacques Companeez, Victor Alexandrov, René Clément, Jacques Rémy. Dialogues d’Henri Jeanson. Photographie d’Henri Alekan. Musique d’Yves Baudrier.
Avril 1945, à Oslo, un groupe de nazis et de collaborateurs embarquent dans un sous-marin allemand, en route vers l’Amérique du Sud…
S’appuyant sur une équipe technique remarquable (Jacques Companeez au scénario, Henri Jeanson aux dialogues, Henri Alekan à la photographie…), René Clément signe un film « admirable à maints égards », comme le souligne Denitza Bantcheva, qui ajoute : « cette oeuvre révèle, après les prouesses du film de masse qu’était La Bataille du rail, un maître aussi brillant quand il tourne en espace fermé. » Jacques Siclier souligne qu’avec ce film, « la carrière de René Clément engage sa courbe ascendante. Le décor du sous-marin fut reconstitué, en studio, grandeur nature, sur des plans de la Marine. Les interprètes furent choisis en fonction de la nationalité de leurs personnages et parlèrent chacun dans leur propre langue. On arriva ainsi à la peinture étonnante d’un monde en décomposition, reflet fidèle de certaines manières de vivre et de penser impliquées par le nazisme. René Clément refusa l’aberration du doublage ou l’utilisation de comédiens français trop connus pour des rôles d’étrangers. Il gagna la partie sur ce plan et sur celui de la difficulté technique qui consistait à déplacer une caméra dans le décor exact d’un sous-marin. »
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Sa 25/02 à 16h30 | Sa 3/03 à 18h30 | Je 22/03 à 21h
Le Père tranquille
France, 1946, 1h35, N&B
Coréalisé avec Noël-Noël. Avec Noël-Noël, Claire Olivier, Nadine Alari, José Artur, Marcel Dieudonné, Paul Frankeur, Jean Varas, Howard Vernon. Scénario de Noël- Noël. Photographie de Claude Renoir. Musique de René Cloërec.
Edouard Martin, courtier en assurances, passe pour un père tranquille, alors qu’il est l’une des têtes de la résistance locale…
René Clément a défini lui-même sa participation au film comme étant « de l’ordre de la réalisation technique, au sens étroit du terme. » Certains critiques reconnaissent néanmoins dans ce film la marque du cinéaste. Noël Herpe : « Bien sûr, ce Père tranquille représente aujourd’hui le comble de la bonne conscience dans la représentation de l’Occupation. L’image d’Epinal répondait à l’attente des Français de 1946. Qu’est-ce qui fait que le film garde ses pouvoirs d’émotion ? C’est justement cet art de la demi-teinte, qui est un peu le legs esthétique de la Libération. Là où Clouzot exorcisait les démons de la collaboration par un expressionisme déjà daté, René Clément fait des ambiguïtés de la période le principe d’une alchimie plus subtile. Il y a là un étrange compromis entre la défaite de la fiction et l’ambition de ressaisir le réel, comme une tentative de néoréalisme à la française qui aurait échoué. Mais aucun cinéaste n’aura plus fidèlement témoigné de ce moment où les Français étaient absents d’eux-mêmes. »
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Je 1er/03 à 19h | Ve 2/03 à 19h | Di 4/03 à 14h30
Le Château de verre
France/Italie, 1950, 1h39, N&B
Avec Michèle Morgan, Jean Marais, Jean Servais, Elisa Cegani, Elina Labourdette, Giovanna Galetti. Scénario de Pierre Bost et René Clément d’après le roman Sait-on jamais ? de Vicky Baum. Dialogues de Pierre Bost. Photographie de René Lefebvre. Musique d’Yves Baudrier. Costumes de Pierre Balmain, Larsen.
Evelyne a pour seules préoccupations son mari, juge, et son petit garçon. Lors de vacances en Italie, elle rencontre Rémy, à la beauté ravageuse, représentant d’une firme industrielle. Il raconte à Marion, sa maîtresse et confidente, ce flirt de vacances…
Denitza Bantcheva souligne « la densité et l’originalité exceptionnelles du film dans le cinéma de l’époque. » Elle ajoute que « son univers étrange et son originalité narrative - la "déchronologie" - ont pu inspirer Alain Resnais pour Hiroshima, mon amour et surtout pour L’Année dernière à Marienbad. » Adapté d’un roman de Vicky Baum, cette histoire d’amour tragique met en scène un couple de cinéma formé de deux acteurs célébrissimes, Michèle Morgan et Jean Marais, déjà réuni pour Aux yeux du souvenir de Jean Delannoy en 1948. Jacques Siclier : « Sur un entrelacs d’intrigues, René Clément a construit une mise en scène, très architecturée, de lignes, de signes et de symboles, en utilisant les décors de Léon Barsacq et les décors réels comme la représentation d’états d’âme, de sentiment diffus, de tragique sous-jacent. Les interprètes en sont comme transfigurés. »
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Me 7/03 à 21h | Je 8/03 à 19h | Sa 10/03 à 20h45 I Di 11/03 à 16h30
Les Félins
France, 1964, 1h50, N&B
Avec Alain Delon, Jane Fonda, Lola Albright, André Oumansky, Carl Studer. Scénario de René Clément, Pascal Jardin et Charles Williams d’après Joy House de Day Keene. Dialogues de Pascal Jardin et Charles Williams. Photographie d’Henri Decae. Musique de Lalo Schifrin. Décors de Jean André. Costumes de Pierre Balmain.
Marc, un gigolo recherché par des gangsters pour avoir séduit la femme de leur chef, se réfugie dans un foyer pour sans-abris. Il est repéré par la bienfaitrice du lieu, qui, accompagné de sa cousine, l’engage comme chauffeur…
Raymond Bellour (Les Lettres françaises, 1964) : « Si je ne gardais de Monsieur Ripois un souvenir aussi bouleversant, je dirais que je viens de voir le plus beau film de René Clément. On est ébloui dès la courte séquence qui précède le générique, on le demeure jusqu’au bout. Ce qui frappe aussitôt, c’est la perfection. Etrange destin que celui de Clément, qui ressemble si fort dans notre cinéma français à un auteur américain. Il a quelque chose de ces merveilleux artisans de l’image à qui le cinéma doit tant, qui semblent toujours n’être des auteurs que par surcroît. Preminger, Ray, ou Mankiewicz par exemple. Le film n’a pas de véritable centre, il se dérobe, pris dans un tournoiement qui arrive à devenir très beau. Tout y participe. Les acteurs : Delon, meilleur encore que dans Plein Soleil, Jane Fonda ( elle est divine), ni surtout Lola Albright, terriblement femme ; les mouvements d’appareil, les cadrages, le montage ; enfin les nuances étonnantes d’une image où le noir et le blanc joue une véritable symphonie des couleurs. » Comme Le Jour et l’heure, le film fut produit sous l’étiquette de la MGM.
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Me 14/03 à 19h | Sa 17/03 à 18h30 | Di 18/03 à 14h30 I Ma 20/03 à 21h
La Bataille du rail
France, 1946, 1h25, N&B
Avec Lucien Desagneaux, Tony Laurent, Jean Daurand, Jean Clarieux, Robert Leray, Léon Pauléon. Scénario de René Clément. Dialogues de Colette Audry. Photographie de René Alekan. Musique d’Yves Baudrier.
A partir de juin 1940, des cheminots mènent des opérations pour entraver l’action et le déploiement de l’occupant allemand…
Jusqu’en 1946, René Clément est l’auteur de nombreux courts métrages, principalement documentaires. Les producteurs de La Bataille du rail lui en confient la réalisation après avoir vu son court métrage Ceux du rail (1944). Avec le concours de la SNCF et du groupe "Résistance-Fer", il réalise ce qui devait un être un court métrage, qui devint ensuite un long avec deux nouveaux épisodes – le déraillement spectaculaire d’un train et la Libération. Jacques Siclier, qui a consacré un court ouvrage au cinéaste dès 1958 (René Clément, Club du livre de cinéma), écrit : « Le film contient déjà tout ce qui devait caractériser son style : le goût du détail authentique, la sûreté de la composition et du rythme, à partir du découpage et du montage. » Le film reçut le Grand prix au Festival de Cannes en 1946, et fit de René Clément une figure importante du cinéma français. Certains l’identifièrent au néoréalisme, dans la lignée de Roberto Rossellini. Le film révèle un style énergique, libre et engagé. Denitza Bantcheva, auteur de René Clément (Le Revif, 2008) relève combien son admiration pour Eisenstein ou Poudovkine est ici sensible.
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Me 21/03 à 19h | Sa 24/03 à 18h15
La Baby-sitter : jeune fille libre le soir
France/Italie/Allemagne de l’Ouest , 1975, 1h51, Couleur
Avec Maria Schneider, Sydne Rome, Renato Pozzetto, John Whittington, Robert Vaughn. Scénario de Mark Peploe, Nicola Badalucco, Peter Dixon, Laird Koenig, Luciano Vincenzoni, René Clément. Photographie d’Alberto Spagnoli. Musique de Francis Lai.
A Rome, Michelle, une jeune sculptrice, se retrouve impliquée dans un accident. Elle se lie d’amitié avec la victime, la starlette Ann Carson, et la prend comme colocataire. Pour arrondir ses fins de mois, Michelle fait du baby-sitting…
Le dernier film de René Clément - ses autres projets n’aboutiront jamais - n’est pas à l’image de sa filmographie. Jacques Siclier souligne néanmoins la « mise en scène remarquablement architecturée plan par plan. » Le film étant une coproduction européenne, René Clément dut certainement faire de nombreux compromis (même s’il est difficile de savoir lesquels exactement), notamment sur la distribution. Le seul choix qui lui revient est celui de Maria Schneider, remarquable. Le film est sorti de manière confidentielle, en plein été, et uniquement en version doublée. Une curiosité à découvrir pour compléter sa connaissance de ce très grand cinéaste.
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Ve 23/03 à 19h | Sa 24/03 à 16h15 | Di 25/03 à 14h30 I Ma 27/03 à 21h
Le Jour et l’heure
France/Italie, 1963, 1h50, N&B
Avec Simone Signoret, Stuart Whitman, Geneviève Page, Michel Piccoli, Pierre Dux, Billy Kearns, Marcel Bozzufi. Scénario de René Clément, Roger Vailland et André Barret. Dialogues de Roger Vailland. Photographie d’Henri Decae. Musique de Claude Bolling. Décors de Bernard Evein.
En 1944, Thérèse Dutheil, de retour d’un bref séjour en province, se retrouve à convoyer des aviateurs alliés. Cette femme de grande famille, qui se tenait jusqu’alors
bien à distance de la guerre, s’implique peu à peu dans la résistance…
Une plongée haletante dans la période de l’Occupation, à la veille de la Libération, sur les pas de Thérèse, qui va se révéler résistante et courageuse, à la faveur de sa rencontre avec un aviateur. On les suit dans un périple à travers la France, sans cesse prolongé. René Clément offre quelques morceaux de mise en scène époustouflants, à bord d’un train, ou dans le métro parisien, faisant sentir la pesanteur et l’étouffement des lieux, le climat de méfiance et d’angoisse de l’époque. L’écrivain Roger Vailland signe les dialogues, et cosigne le scénario. Entourés d’acteurs remarquables (Simone Signoret tient là l’un de ses plus beaux rôles), qu’il dirige admirablement, René Clément a également bénéficié de la photographie d’Henri Decae, et de l’aide de deux assistants, Claude Pinoteau et de Constantin Gavras, futur cinéaste à l’oeuvre engagée. Le film fut accueilli tièdement à sa sortie : il reste pourtant à découvrir absolument.
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Me 28/03 à 19h | Je 29/03 à 21h | Ma 3/04 à 21h
La Course du lièvre à travers les champs
France, 1972, 2h03, Couleur
Avec Jean-Louis Trintignant, Robert Ryan, Lea Massari, Tisa Farrow, Jean Gaven, Aldo Ray. Scénario de Sébastien Japrisot d’après Black Friday de David Goodis. Photographie d’Edmond Richard. Musique de Francis Lai.
A Montréal, Tony se retrouve sur les lieux d’un accident dont il ignore tout. Un homme agonisant lui adresse des propos mystérieux et lui remet de l’argent. Il est alors capturé par deux voyous, et emmené sur une île où se cache leur bande…
Autre film scénarisé par Japrisot, et autre film introduit par une épigraphe de Lewis Carroll, au casting international et prestigieux. Denitza Bantcheva : « L’un des films les plus riches de Clément, alliant le conte, le suspense criminel, une symbolique référentielle et une série de symboles personnels, à travers un récit choral qu’on peut lire suivant plusieurs thématiques. Du point de vue formel, il est imparfait, et il y manque l’aisance absolue qu’on trouve dans les chefs-d’oeuvre du cinéaste. Peut-être le projet était-il trop complexe et la densité sémantique voulue trop grande pour que l’entreprise puisse être complètement réussie. Il n’en reste pas moins que le film offre un grand intérêt, par ses originalités comme par son ambition. L’on peut aussi se laisser séduire par le côté bon enfant de l’atmosphère créée à travers la bande de Charley, par l’aspect attendrissant et cocasse des personnages secondaires, aussi rare dans l’oeuvre de Clément que dans le genre criminel.»
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Je 5/04 à 19h | Ve 6/04 à 21h | Di 8/04 à 16h30
Au-delà des grilles
France/Italie, 1949, 1h35, N&B
Avec Jean Gabin, Isa Miranda, Vera Talchi, Andrea Checchi, Ave Ninchi, Fulvia Fulvi. Scénario de Jean Aurenche, Pierre Bost, Suso Cecchi d’Amico, Alfredo Guarini. Dialogues de Jean Aurenche et Pierre Bost. Photographie de Louis Page. Musique de Roman Vlad.
Ayant tué sa femme, un homme s’enfuit clandestinement sur un cargo. Souffrant d’une insupportable rage de dents, il fait escale à Gênes. Il rencontre une jeune
femme, qui élève seule sa petite fille…
Le film fut récompensé à Cannes (prix de la mise en scène et de l’interprétation féminine pour Isa Miranda), et à Hollywood par l’Oscar du film étranger, qui avait été décerné les années précédentes au Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica et à Rashomon d’Akira Kurosawa. Il sera de nouveau associé au mouvement néoréaliste. Quelque peu oublié, il est l’un de ces films qui marquent le retour, difficile, de Jean Gabin sur les écrans après la guerre. Ce rôle de héros traqué, voué à l’échec, rappelle ceux qu’il a tenus avant-guerre et qui ont fait sa gloire (Pépé le Moko, Julien Duvivier, 1936). Dans cette oeuvre riche et originale mêlant habilement le drame et la distance, René Clément développe une finesse psychologique remarquable, notamment dans sa peinture de l’enfance. André Bazin (L’Ecran français, 1949) : « Dans Au-delà des grilles, la technique de Clément atteint une extrême sobriété. Intense et invisible elle vient accomplir l’histoire. Non pas seulement nous la rendre sensible et émouvante, mais mieux encore, l’achever. »
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Sa 7/04 à 16h30 | Di 8/04 à 14h30 | Lu 9/04 à 17h I Me 11/04 à 19h
Jeux interdits
France, 1952, 1h25, N&B
Avec Brigitte Fossey, Georges Poujouly, Lucien Hubert, Suzanne Courtal, Jacques Marin. Scénario de Jean Aurenche, Pierre Bost, René Clément d’après le roman de François Boyer. Dialogues de Jean Aurenche, Pierre Bost et François Boyer. Photographie de Robert Juillard. Musique de Narciso Yepes.
Juin 1940. Les parents et le petit chien de Paulette sont tués sur la route de l’exode. Elle est recueillie par Michel, un jeune garçon, et sa famille…
Oeuvre déchirante sur la guerre, l’enfance, la mort, Jeux interdits fut l’un des premiers films à montrer la tragédie de l’exode. Le film est porté par ses bouleversants petits interprètes, remarquablement dirigés : Georges Poujouly et Brigitte Fossey, 5 ans, qui recevra pour sa prestation le prix d’interprétation à la Mostra de Venise. René Clément parvient à merveille à évoquer ces jeux d’enfants morbides qui consistent ici à se créer un cimetière d’animaux, comme pour s’approprier ce pouvoir de mort qui frappe aveuglément et massivement durant la guerre. Dans L’Ecran français, en 1952, Georges Sadoul souligne « la grandiose puissance de la scène d’ouverture, qui prend aux entrailles et remplit les yeux de larmes » et ajoute : « Le film de René Clément, le scénario de François Boyer, la nerveuse et verveuse adaptation de Pierre Bost et Jean Aurenche, la parfaite photographie de l’opérateur Julliard sont autant d’actes de courage. » Ajoutons la musique inoubliable de Narciso Yepes. Le film reçut l’Oscar du meilleur film étranger.
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